Les fortes pluies récentes ont provoqué des inondations dévastatrices dans le Sud-Ouest, mettant en péril les vergers de kiwis. Les producteurs, comme Stéphane Malfatti à Sorde-l’Abbaye, font face à des pertes alarmantes alors qu'ils comptent sur des porte-greffes coûteux pour sauver leur récolte.
« À la fin de ce mois, je pourrai évaluer l’impact de ces intempéries sur mes cultures. Les racines risquent d’être gravement endommagées, entraînant l’arrêt de la croissance des plantes », avertit l’arboriculteur, dont les vergers ont souffert des tempêtes hivernales qui ont frappé la France. Malfatti souligne que « le kiwi a besoin d’eau, mais trop d’humidité peut être fatal ».
Entre 2024 et 2025, il a dû arracher 2,5 hectares de ses plants, représentant près d’un tiers de sa production. Malheureusement, sa situation n’est pas unique. Dans la vallée de l’Adour, qui sépare les Landes des Pyrénées-Atlantiques et où l’on cultive le kiwi depuis les années 1960, de nombreux vergers sont également en péril.
« En 30 ans, nous sommes passés de 1 200 à 2 000 millimètres de précipitations annuelles », alerte Jean-Marc Poigt, président de l’ODG Kiwi de l’Adour. Cela coïncide avec une augmentation des vagues de chaleur, rendant la culture encore plus difficile.
La production de kiwis, qui compte pour un quart de la production nationale avec 350 cultivateurs, a chuté de manière spectaculaire, passant de 22 800 tonnes en 2013 à seulement 5 000 tonnes cette année, une baisse de 80%. La situation est particulièrement préoccupante pour les deux variétés principales : le kiwi Gold et le Hayward, ce dernier bénéficiant d’une double certification.
Des pieds au système racinaire plus résistant
Pour remédier à cette crise, les producteurs ont commencé à adopter un nouveau système : les porte-greffes, qui consistent à greffer des branches de kiwi sur des racines plus résistantes. Les variétés Roki, Jackson et Bounty sont à l'essai. « D'autres pays comme la Nouvelle-Zélande ou l’Italie ont déjà eu du succès avec ce système », explique Malfatti, qui a commencé cette initiative sur 1,5 hectare l’été dernier.
Jean-Marc Poigt est également optimiste, ayant introduit 100 nouvelles plants sur son exploitation d’Hastingues. Bien que les premiers fruits ne soient attendus que dans quatre ans, les bourgeons promettent une lueur d’espoir. Cependant, le coût de cette transition, entre 8 et 10 000 euros pour 600 plants, reste élevé. Pour survivre, la filière sollicite un soutien accru des autorités.







