À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Oxfam a révélé un rapport critique sur la parité dans les conseils municipaux en France. Le constat est sans appel : à peine une femme sur cinq occupe le poste de maire dans les grandes villes.
D'après le rapport d'Oxfam, publié le 8 mars, “seulement 24,7 % des postes clés au sein des conseils municipaux sont détenus par des femmes.” Ce déséquilibre est alarmant et témoigne de l'inégale représentation au niveau local.
Bien que les femmes constituent 40 % des élu·es municipaux·es, leurs chiffres sont bien plus faibles pour les postes de direction : 33 % des premières adjointes, 20 % des maires et seulement 12 % des présidentes d’intercommunalités. Ces données soulignent la nécessité d'une action renforcée en faveur de l'égalité des sexes en politique.
Certaines régions, comme les Pays de la Loire et la Normandie, tirent leur épingle du jeu avec un meilleur pourcentage de femmes maires, alors que d'autres, tels que la Corse ou les Hauts-de-France, continuent d'afficher des résultats préoccupants.
Les stéréotypes de genre restent bien ancrés dans la politique locale : 72 % des élus en charge des finances sont des hommes, tandis que 94 % des responsables des affaires de petite enfance sont des femmes. Sandra Lhote Fernandes, responsable de la campagne Justice de genre chez Oxfam, explique : "Cette division des rôles perpétue des stéréotypes et entrave l'accès des femmes aux postes décisionnels les plus influents. Il est urgent de réformer ces schémas traditionnels où les postes clés demeurent majoritairement masculine."
Un désintérêt chronique pour les droits des femmes dans les communes du Rassemblement national
Pour Oxfam, il est primordial d'instaurer un poste dédié à l'égalité au sein de chaque municipalité. Cependant, les résultats sont mitigés. Par exemple, en Occitanie, "un tiers des grandes villes a une adjointe pour l'égalité, mais plus de 50 % des municipalités n'ont pas d'élu spécifiquement dédié à cette question, ce qui est bien en-deçà de la moyenne nationale."
Oxfam souligne un “désintérêt manifeste pour les droits des femmes” dans les villes dirigées par des élus d'extrême droite. Sur 14 villes administrées par le RN, seule Rognac dispose d'une élue en charge de l'égalité, dont le titre de délégation est le suivi des "droits des femmes et des hommes". Perpignan, la seule préfecture sous la direction du RN, obtient une note inférieure en matière d'égalité, illustrant ainsi les manquements de cet engagement.
Dans la perspective des élections municipales de 2026, une nouvelle réforme adoptée en 2025 vise à instaurer une stricte parité dans l’ensemble des communes françaises, excluant la Polynésie. Il est donc essentiel de rester attentif à l'évolution de cette situation.







