Lors des frappes iraniennes sur Israël au début de mars, les bombes à fragmentation ont suscité une vive controverse. Conçues pour couvrir une large zone et causer des dégâts, ces armes sont souvent critiquées pour les risques qu'elles font peser sur les civils. Mais en quoi consistent-elles réellement ? Quel est leur emploi dans les conflits ?
Des rapports de la police de Tel Aviv cités par The Times of Israel indiquent que certaines attaques iraniennes auraient impliqué des sous-munitions issues de bombes à fragmentation. Au moins une victime a été signalée, ainsi que plusieurs blessés, suite à l'impact d'un missile iranien de ce type tiré sur le centre d'Israël. L'armée israélienne affirme que cette méthode a déjà été utilisée par l'Iran dans le cadre du conflit actuel, un phénomène qu'on a également observé lors du précédent conflit de 2025. Téhéran, pour sa part, n'a pas encore confirmé ces allégations.
Les bombes à fragmentation, souvent désignées comme armes à sous-munitions, diffusent de multiples charges explosives sur une vaste zone. Elles peuvent être utilisées via différents vecteurs : missiles, obus d'artillerie ou aéronefs. Lors de leur détonation, l'ogive s'ouvre en altitude, lâchant une vingtaine de sous-munitions, chacune pesant environ 2,5 kg, sur un rayon atteignant jusqu'à 8 kilomètres. Bien que chaque charge devrait théoriquement exploser à l'impact, l'intention principale est de saturer un espace large pour frapper plusieurs cibles en un seul coup.
Les bombes à fragmentation et leurs implications internationales
Militairement, ces armes visent des zones larges plutôt qu'un point spécifique, permettant de cibler des infrastructures, des militaires ou d'importantes concentrations de troupes. Cependant, les sous-munitions étant généralement non guidées, elles sont dispersées aléatoirement, plaçant les civils à risque. Leur utilisation soulève des préoccupations notables, car leur large dispersion peut toucher des régions habitant la population civile, augmentant ainsi le danger.
Un autre aspect préoccupant est que toutes les sous-munitions n'explosent pas instantanément ; selon certains experts, jusqu'à 20 % peuvent rester intactes après le déploiement, devenant des pièges mortels pouvant exploser lors de manipulations ultérieures. Des situations analogues peuvent persister des années, ressemblant au risque posé par les mines antipersonnel. En raison de ces dangers, les armes à sous-munitions ont été interdites par la Convention d'Oslo de 2008, qui proscrit leur usage, production, stockage et transfert. Bien que plus d'une centaine de pays, y compris la France, aient signé ce traité, certaines grandes puissances militaires comme les États-Unis, la Russie, Israël et l'Iran n'y ont pas adhéré, posant des défis à la sécurité internationale.







