Emmanuel Macron a affirmé mardi que la France ne s'engagera pas dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel de tensions et de "bombardements". Toutefois, il a laissé entendre que, si la situation s'améliorait, la France pourrait envisager d'organiser des "escortes" de navires transitant par ce passage crucial pour l'économie mondiale.
Lors d'un conseil de défense à l'Élysée, le président français a précisé : "Nous ne sommes pas impliqués dans le conflit, et par conséquent, jamais la France ne participera à des opérations d'ouverture ou de libération du détroit d'Ormuz dans le contexte actuel". Ce rappel intervient après les demandes insistantes du président américain Donald Trump, qui a exhorté les alliés des États-Unis, y compris les grandes puissances européennes, à dépasser leurs réticences.
Macron a cependant affirmé : "Nous sommes convaincus qu'une fois la situation stabilisée, et après la cessation des bombardements, nous serons prêts à nous associer à d'autres nations pour assurer un système d'escorte de pétroliers et de porte-conteneurs". Il a souligné que cette initiative nécessitera des dialogues pour éviter tout malentendu avec l'Iran, en précisant que les opérations militaires ne seraient pas une option à ce stade.
Cette mission, que Macron souhaite "bâtir dans les jours et semaines à venir", se doit d'être distincte des opérations de guerre actuellement en cours. Le président a également évoqué des discussions déjà en cours avec "l'Inde et plusieurs autres partenaires européens ou régionaux", tout en se montrant opposé à l'extension de l'opération européenne Aspides, déjà mise en place en mer Rouge, au détroit d'Ormuz.
Les chefs de la diplomatie de l'UE, réunis à Bruxelles, ont de leur côté rejeté l'idée de déployer la mission européenne de protection du trafic maritime Aspides dans le détroit d'Ormuz, qui compte actuellement trois navires militaires. Leur intervention nécessiterait une modification de mandat, car l'opération est initialement conçue pour sécuriser les navires marchands contre les rebelles houtis, alliés de l'Iran, en mer Rouge.







