«Il va falloir que je coure le vendredi 20 mars», plaisante Stanislas de Barbeyrac, en pleine préparation pour sa performance. Installé en Gironde, il est souvent applaudi dans de grandes scènes à New York, Munich ou Londres. Souffrant d'un emploi du temps chargé, le ténor trouve le temps de créer un spectacle interactif, un défi qu'il se lance avant de participer aux Victoires de la musique classique à Brest.
« C’est l’envers du décor que je souhaite montrer au public : la solitude qui frappe souvent, même dans l’euphorie des applaudissements »
Dans son récital, intitulé "Trip", il aborde les sentiments d'isolement qui marquent la vie d'artiste. "Ne voir mes enfants que trois mois par an est une réalité que peu d’artistes abordent, souvent par pudeur ; les journalistes n’osent pas poser ces questions. Ce spectacle est un dialogue avec le public, une introspection partagée sur des thématiques délicates", souligne-t-il.
À 41 ans, Barbeyrac se trouve à un tournant de sa carrière, évoluant vers des répertoires plus audacieux comme Wagner et la mélodie française, tout en continuant à honorer son amour pour Mozart. Ce spectacle, basé sur un mois de travail à Gradignan, promet d'être une étape essentielle dans sa quête artistique.
Accompagné du pianiste Alphonse Cemin, son partenaire depuis plus d'une décennie, Barbeyrac a invité la créativité de Camile Rocailleux, un talent local aux multiples facettes. « L’idée d’ajouter du vibraphone à des mélodies classiques rendra ce moment réellement unique », mentionne le ténor en évoquant l'éventail d'expressions artistiques de son spectacle.
Avec ce projet, Barbeyrac argue pour une redéfinition du récital, alliant tradition et innovation. En intégrant des compositions personnelles, il souhaite révéler ses émotions et ses expériences vécues. « Si l'on parle de l'intime, c'est pour surprendre, tant le public que soi-même », conclut il avec une touche d'humour.
À ne pas manquer : Jeudi 19 mars à 20h15 au théâtre des Quatre-Saisons, de 6 à 23 euros.







