Un peu plus d’un an après avoir révélé être victime de violences dans le contexte de l’affaire Bétharram, Hélène Perlant, l'aînée de François Bayrou, publie « Le Déni » le 26 mars. Dans cet ouvrage, elle explore les mécanismes qui conduisent au silence et à la culpabilité face aux violences. C'est une rencontre marquante qui souligne l'importance de cette voix pour de nombreuses victimes.
Tout a commencé un après-midi de février 2025, lors d'un appel d'un journaliste de Sud Ouest. En pleine tourmente autour de l'affaire Bétharram, une plainte visant son père a ébranlé l’existence d’Hélène, qui déclare : « Je ne suis pas juste la 'fille de', je suis qui je suis ! »
Hélène, qui avait changé de nom de famille pour s’affranchir du poids de son héritage, fait preuve d'un raisonnement aiguisé et d’une volonté d’analyse. Elle considère que l’affaire Bétharram représente une opportunité d'aborder le déni généralisé dans notre société : « Cette question du déni — individuel et collectif — doit être posée aujourd'hui ». Pour Hélène, il s’agit non seulement de briser le tabou, mais également de transformer cette douleur en un élan collectif vers la guérison.
Un réflexe de survie
Dans les pages de son livre, Hélène décrit le déni comme un « réflexe de survie », articulant son expérience traumatisante et l'incapacité de réagir face aux violences subies. Elle se remémore des scènes vécues dans un établissement scolaire sous la gouvernance de l’Église, décrivant un climat où la violence pouvait se manifester sans être identifiée. Ainsi, la question demeure : pourquoi l'horreur peut-elle être si difficile à conceptualiser ?
Avec des mots puissants, Hélène évoque également l'impact du déni sur les victimes et leurs proches, où une culpabilité insidieuse finit par s'installer. Dans son livre, elle expose comment les agresseurs manipulent la responsabilité pour éloigner les véritables enclaves du mal : « Ce n’est pas la victime qui doit se sentir responsable, mais bien l’agresseur ».
Des Bétharram partout
La société souffre, et Hélène conçoit l’affaire Bétharram comme un microcosme de cette souffrance, et non comme un cas isolé. « Il y a des Bétharram partout, ce ne sont pas seulement des victimes isolées », affirme-t-elle, soulignant que cette problématique transcende les murs d’une seule institution. Son but est de faire de Bétharram un symbole d’encouragement à la liberté de la parole et à la résistance contre le déni.
Finalement, elle appelle à une réinvention collective où Bétharram pourrait devenir synonyme de fierté et de libération. Son enthousiasme est palpable : « Nous devons être fiers de partager, de raconter, de nous libérer ». Ainsi, cette démarche autour de l'affaire Bétharram est destinée à résonner bien au-delà des individus, invitant chacun à participer à un mouvement pour briser le cycle de la honte et du silence.
(1) Alain Esquerre est le lanceur d'alerte dans l'affaire Bétharram.







