La crise sanitaire a gravement affecté les comptes de l'Agirc-Arrco, un régime complémentaire de retraites, qui a annoncé un déficit de 4,8 milliards d'euros pour l'année 2020. Ce plongeon dans le rouge intervient juste après une relance, où le régime affichait un bénéfice d'un milliard d'euros en 2019.
Chute des recettes : un manque important
En un an, les ressources de l'Agirc-Arrco, provenant principalement des cotisations des salariés et des entreprises, ont subi une baisse significative de 5,5%. Ce recul est en grande partie dû à l'augmentation du chômage partiel, qui a touché 8,8 millions de salariés au moins une fois. Pendant cette période de chômage, bien que les droits à la retraite aient été maintenus, aucune cotisation n'a été versée, ce qui a entraîné une perte de 3,9 milliards d'euros. Ainsi, les dépenses en pensions, qui s'élevaient à 85,4 milliards d'euros, ont progressé de 2,8%, exacerbant la situation du régime et provoquant un "déficit technique" de 6 milliards d'euros. Heureusement, les produits financiers, s'élevant à 1,2 milliard d'euros, ont permis de réduire quelque peu ce déficit, conduisant à une perte finale de 4,8 milliards d'euros.
Conséquences pour l'avenir du régime de retraite
Pour faire face à cette situation critique, l'Agirc-Arrco a utilisé une partie de ses 65 milliards de réserves financières, constituées pour faire face à des situations difficiles. Malgré ce retrait, le régime possédait encore 61 milliards d'euros en réserves à la fin de l'année 2020, une somme équivalente à neuf mois de pensions. Didier Weckner, le président du régime, affirme que ces réserves restent "des bases solides" pour l'avenir.
Rappelons qu'en 2015, des mesures strictes avaient été mises en place pour renflouer les réserves du régime, notamment par le gel des pensions pendant plusieurs années. Depuis 2019, un "malus" de 10% s'applique sur les nouvelles pensions, destinées à encourager les salariés à prolonger leur activité professionnelle. Les partenaires sociaux ont établi une règle stricte : les réserves doivent toujours être maintenues au-dessus de six mois de pensions pour garantir la pérennité du régime, ce qui souligne l'importance d'une gestion à long terme. Les dirigeants du régime et les syndicats restent attentifs aux évolutions économiques de 2021, espérant un rebond significatif après la crise. La Banque de France a revu ses prévisions de croissance à la hausse, anticipant un retour à la normale plus rapide que prévu, mais attend des résultats concrets courant du second semestre.







