À l'approche des arbitrages de Matignon, la question cruciale de la financement des retraites se pose : comment dégager sept milliards d'euros d'ici 2020 ? Les débats vont bon train, et plusieurs options sont à l'étude.
Des pistes de financement variées
Initialement, le gouvernement envisageait un partage des efforts entre plusieurs acteurs : les actifs, par le prolongement de la durée de cotisation ; les retraités, via la désindexation des pensions et une potentielle augmentation de la CSG pour les retraités ; et les entreprises, par le biais d'une hausse des cotisations. Cependant, en juillet 2013, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, a exploré d'autres alternatives. Jean-Louis Malys, négociateur à la CFDT, souligne que de nombreuses options, y compris la TVA sociale, sont sur la table.
Les Échos rapportent que l'idée de l'augmentation de la CSG émerge en tant qu'option favorable, permettant de financer les retraites sans alourdir le coût du travail. Bruno Le Roux, président des députés socialistes, a également exprimé son soutien pour cette piste.
La CSG : un outil aux avantages indéniables
Instaurée en 1990, la Contribution sociale généralisée (CSG) joue un rôle marginal dans le financement de l'assurance vieillesse, mais dispose d'un potentiel très prometteur. En 2011, cette taxation a rapporté 92 milliards d'euros à la Sécurité sociale ; une augmentation d'un point pourrait générer 12,4 milliards supplémentaires, selon Pierre Ramon-Baldié, directeur adjoint de l'École nationale supérieure de sécurité sociale.
La CSG est attractive car elle s'applique à une vaste assiette, englobant les salaires, les revenus de remplacement (comme les retraites et les allocations chômage) et les revenus du capital. Cependant, une hausse de la CSG pourrait compliquer la situation du pouvoir d'achat, un point soulevé par Éric Aubin, expert retraites à la CGT. Le gouvernement envisage également d'autres instruments fiscaux, comme la CRDS, pour équilibrer les besoins de financement.
Des décisions à venir
Le gouvernement souhaite limiter l'impact d'une éventuelle augmentation de la CSG sur les actifs, tout en prévoyant d'aligner le taux de la CSG des retraités (6,6 %) sur celui des actifs (7,5 %). Toutefois, cela ne concernerait que certaines pensions. Geneviève Roy, de la CGPME, précise qu'aucune décision n'est encore arrêtée, et l'entourage de Marisol Touraine attend des orientations claires avant de soumettre les options à Matignon cette semaine.







