Le Sénat a refusé de débattre d'un projet de loi visant à introduire 20% d'aliments bio et 40% de produits locaux dans la restauration collective.
Contexte de la proposition
Tout a débuté en 2016 quand des sénateurs écologistes, Joël Labbé et Brigitte Allain, ont présenté un projet de loi suggérant d'intégrer 20% d'aliments biologiques et 40% de produits locaux dans la restauration publique et privée, incluant les écoles et hôpitaux. L'objectif était d'améliorer la qualité des repas servis, mais le chemin s'est avéré semé d'embûches.
Un rejet inattendu
Malgré le soutien de 76% des Français en faveur d'une loi promouvant les aliments bio et locaux, le Sénat a rejeté la proposition le 5 octobre, la qualifiant d'« irrecevable ». Cette décision a été prise sans débat, se basant officiellement sur la faible production agricole biologique en France et le manque de robustesse des circuits courts. En parallèle, la commission des affaires économiques, où siège Joël Labbé, a déclaré l'amendement irrecevable, sans offrir d'alternatives.
Manuel Valls, en janvier, avait signalé un « apartheid territorial » dans l'accès à une alimentation saine, soulignant l'importance de la nourriture dans les inégalités sociales. Le rejet du Sénat semble contredire cet appel à l'équité.
Mobilisation pour une révision
Joël Labbé a exprimé ses préoccupations quant à ce refus, soulignant que la qualité de l'alimentation est un enjeu essentiel. Une pétition, ayant rencontré une large adhésion avec près de 57 000 signatures, a été remise à Gérard Larcher pour contester cette censure. L'adhésion croissante des Français envers le bio soulève également des questions sur l'influence des lobbies alimentaires.
(1) Sondage de l'Institut français d'opinion publique (Ifop) réalisé en janvier 2016.







