Ce mercredi soir, la ville de Tiné, dans l'est du Tchad, a été frappée par un drone en provenance du Soudan, faisant 17 morts selon un communiqué du gouvernement tchadien. Plusieurs personnes ont également été blessées dans cette attaque qui soulève de vives inquiétudes.
Les Forces de soutien rapide (FSR), qui sont en conflit avec l'armée soudanaise depuis avril 2023, ont immédiatement nié leur implication dans cette tragédie. À travers un message sur Telegram, elles ont rejeté la responsabilité sur les forces militaires soudanaises, selon des sources militaires citées par l'agence AFP.
Dans un communiqué, Gassim Chérif Mahamat, porte-parole du gouvernement, a souligné : «En dépit des avertissements fermes adressés aux belligérants et de la fermeture de la frontière, Tiné a de nouveau été attaquée». Il a exprimé la gravité de cette situation, notant que cette «énième agression a causé la mort de 17 compatriotes».
Le conflit au Soudan, qui oppose les paramilitaires aux forces régulières, continue de déstabiliser la région. En réponse à cette attaque, Mahamat Idriss Déby, président tchadien, a convoqué un conseil de défense et a ordonné à son armée de «riposter face à toute attaque provenant du Soudan», selon une déclaration officielle.
Les tensions à la frontière, qui s'étend sur près de 1400 kilomètres, se sont intensifiées ces derniers mois. Fin février, une roquette en provenance du Soudan avait déjà causé des pertes humaines à Tiné, faisant 15 militaires et 8 civils. Le Darfour, région occidentale du Soudan, est en proie à des luttes de pouvoir, les FSR ayant même revendiqué la prise de la ville frontalière de Tina, séparée de Tiné par un lit d’eau souvent asséché.
L'ONU rapporte que la guerre civile au Soudan a engendré de nombreuses pertes humaines et des millions de personnes déplacées, dont près d'un million se sont réfugiées dans le Tchad. Les conséquences de ce conflit dépassent les frontières, affectant gravement la stabilité régionale.







