Des passionnés de gastronomie traquent les tendances sur Instagram et TikTok. Une activité mêlant hobby et ambition professionnelle.
Appelés « foodies », ces amateurs de cuisine ont vu le jour dans les années 1980 grâce à l’écrivain Gael Greene, qui a popularisé ce terme pour décrire ceux qui transcendent la simple gourmandise en faisant de la gastronomie un véritable enjeu culturel. Quarante ans plus tard, ces épicuriens font vibrer les réseaux sociaux, et certains d’entre eux ont même réussi à en faire leur métier, partageant leurs découvertes avec le monde entier. Pourtant, cette passion dévorante nécessite un investissement en temps et en finances, sans jamais faire oublier le côté ludique de cette chasse aux trésors gastronomiques. Voyons ensemble les rouages de ce phénomène.
La course à la tendance
Oubliez le bistrot de quartier : les chasseurs de tendances recherchent des lieux ayant reçu un avis favorable sur les réseaux sociaux, de l'ambiance au menu. « Même pour un simple verre, je choisis une adresse innovante », déclare Helena, 32 ans. Chaque sortie est l'occasion de découvrir un nouvel univers, que ce soit un bar à brioches ou un coffee shop turc, et toutes ses adresses sont dénichées sur les réseaux sociaux.
Cette année, elle a décidé de parcourir la capitale à la recherche de coffee shops, ces lieux prisés pour leur design recherché et leurs cafés de spécialité. « Dans mon cercle, chacun aspire à tester les dernières tendances des réseaux sociaux. Cela assure une sensation d’appartenance », précise-t-elle, tout en partageant chaque moment sur Instagram.
Le décor d’un lieu : un rôle essentiel
La gastronomie contemporaine n'est plus seulement conditionnée par l’assiette, mais aussi par l'esthétique des lieux. Helena privilégie les établissements au décor soigné, soulignant que même un simple dessin sur un mur peut influencer sa décision de visiter un endroit. Les espaces comme le Café Nuances ou Nami, avec leur style épuré, attirent les instagrammeurs. La culture visuelle associée à ces lieux passe également par des produits dérivés, affirmant l'adhésion à la tendance.
Une méthodologie bien rodée
Pour Flora, cette quête des meilleures adresses ressemble à un jeu : « C'est excitant ! », dit-elle. Sa méthode commence sur Instagram, où elle explore les liens entre différents restaurants. Elle utilise aussi Google Maps pour cartographier ses découvertes. À l'étranger, les tendances sont repérées par le biais des stories Instagram, où une multitude de publications peut lui donner des idées.
Pour Constance Lasserre, qui a transformé sa passion en carrière sous le pseudo de Hungry Consti, la recherche est systématique. Elle consulte des médias comme Le Fooding pour rester à jour sur les tendances et choisit ses lieux avec soin, évitant les établissements trop populaires pour maintenir sa liberté créative.
Malgré cette quête passionnée, des angoisses peuvent surgir, telles que le FOMO (fear of missing out) qui pousse à vouloir tout essayer. Helena admet ressentir cette pression, mais avec le temps, elle a appris à se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité, car l'expérience gastronomique ne réside pas uniquement dans la nouveauté.
En fin de compte, les foodies comme Constance aspirent non seulement à dénicher des tendances, mais à partager des récits authentiques à travers leurs découvertes, poussant à réfléchir sur l’identité de chaque adresse testée.







