Safran, spécialiste français de l'aéronautique et de la défense, a connu un début d'année dynamique, soutenu par une forte augmentation des livraisons de son moteur emblématique, le Leap. En dépit des tensions au Moyen-Orient, qui affectent le trafic aérien mondial, l'entreprise affiche une croissance de 18,8% de son chiffre d'affaires ajusté, atteignant 8,6 milliards d'euros au premier trimestre, dépassant ainsi les prévisions des analystes, comme le confirme Le Monde.
Olivier Andriès, directeur général de Safran, a souligné lors d'une récente conférence de presse que ce bon départ en 2023 découle d'une forte performance dans les secteurs de l'aéronautique et de la défense, sans impact immédiat du conflit au Moyen-Orient. Il a précisé que ce dernier ne représente qu'environ 5% du trafic aérien mondial et que l'impact des hausses des cours du pétrole et des potentiels risques de pénurie de kérosène reste difficile à évaluer pour le moment.
Les livraisons du moteur Leap, qui équipe entièrement les 737 Max de Boeing et la plupart des A320neo d'Airbus, ont atteint 520 unités au premier trimestre, en hausse de 63% par rapport à l'année précédente. Cette croissance marque une continuité, après avoir franchi les 500 unités durant trois trimestres consécutifs. Airbus, qui avait précédemment exprimé des préoccupations concernant les pénuries de production, a mis le doigt sur son autre fournisseur, Pratt & Whitney, comme source des perturbations.
La branche des pièces de rechange de Safran, qui représente un segment très rentable, a également affiché de solides résultats avec une augmentation de 29%. De plus, l'activité des services a crû de 43%, selon les résultats publiés récemment.
Safran continue de renforcer son modèle économique, basé sur de faibles marges à la vente des moteurs, compensées par des revenus stables de maintenance et de pièces détachées. Cela signifie que l'entreprise est davantage orientée vers les compagnies aériennes que vers les fabricants d'avions comme Airbus, ce qui peut générer des tensions en matière de répartition des bénéfices au sein de la chaîne de valeur aéronautique.
Malgré l'incertitude persistante liée à la guerre au Moyen-Orient, Safran maintient ses prévisions de croissance pour 2023, visant une augmentation de 12 à 15% de son chiffre d'affaires, ainsi qu'une hausse de 15% des livraisons de moteurs Leap. Le groupe prévoit également un flux de trésorerie disponible compris entre 4,4 et 4,6 milliards d'euros, bien que l'entreprise doive faire face à des cotisations fiscales exceptionnelles d'environ 470 millions d’euros.
Enfin, Pascal Bantegnie, directeur financier de Safran, a laissé entendre que l'entreprise pourrait réajuster ses prévisions à la hausse, dépendant des résultats de fin juin. En raison de l'élan positif observé à ce jour, il a déclaré : "Nous pouvons imaginer être clairement dans le haut de la fourchette de nos prévisions pour l'année." Cette déclaration laisse augurer d'un optimisme mesuré quant à l'avenir de Safran dans un contexte mondial complexe.







