Dans le paysage des cratères de l'ouest de la Finlande, des camions transportent du minerai vers la mine ouverte de Syväjärvi, où l'extraction a débuté fin février. Hanmu Hautala, directeur de Keliber, souligne : "C'est la première mine de lithium en Europe à des fins technologiques", rapportant à l'AFP que des efforts technologiques sans précédent sont en cours.
Actuellement, plusieurs projets similaires émergent au sein de l'Union européenne. En France, le géant minier Imerys prévoit d'ouvrir une mine dans l'Allier, soutenue par l'État, avec la capacité de produire 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium, fournissant ainsi l'équivalent de 700 000 batteries de véhicules électriques, comme l'indique La Tribune. Ce projet est évalué à plus d'un milliard d'euros.
Une chaîne de production intégrée
Bien que le lithium soit présent en abondance ailleurs en Europe, le Finlandais Bo Langbacka du centre géologique précise que le pays détient d'importantes réserves. "Cette région recèle un type particulier de granit riche en spodumène", mentionne-t-il.
Le projet finlandais, qui représente un investissement de 783 millions d'euros, intégrera toutes les étapes de production, de l'extraction au raffinage, dans un rayon de 43 kilomètres. Ceci fait écho au modèle français d'Imerys, qui prévoit également d'établir des usines aux alentours pour maximiser l'efficacité.
Lors d'un témoignage, Richard Stewart, le patron de Sibanye Stillwater, a déclaré que cette mine, bien que petite à première vue, est d'une importance stratégique majeure. Dans un contexte où la majorité des lithium mondiaux sont raffinés en Chine, ces initiatives européennes visent à réduire cette dépendance.
La voix des habitants de Kaustinen est partagée. Pilvi Jarvela, professeure, se dit optimiste quant à l'impact sur l'emploi, mais manifeste également des inquiétudes concernant les enjeux environnementaux. Un équilibre à trouver entre développement industriel et préservation environnementale est essentiel pour l'avenir de ces projets en Europe.
En somme, la Finlande se positionne résolument dans la course aux matières premières critiques, tout en faisant face à des défis de durabilité et d'acceptabilité sociale. Les yeux sont désormais tournés vers les résultats des premières productions de lithium, attendues d'ici la fin de l'année.







