Selon une étude récente publiée par l'Observatoire de la rémunération agricole équitable de Max Havelaar France, 43 % des agriculteurs en France n'atteignent pas le SMIC, soit moins de 1 450 euros nets par mois. Cette situation alarmante a émergé alors que le projet de loi d'urgence agricole sera débattu le mois prochain à l'Assemblée nationale.
Cette ONG se bat pour une meilleure reconnaissance des agriculteurs vulnérables et exhorte le gouvernement à instaurer des prix minimums pour les produits agricoles. Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France, a déclaré au micro de Franceinfo : "Quand vous achetez un kilo de viande, de riz ou de blé, vous vous nourrissez à un prix qui ne paie pas celui qui l'a produit".
L'étude révèle également d'importantes disparités entre les différentes filières agricoles. Par exemple, 53 % des exploitants en céréales, légumineuses et oléagineux reçoivent des revenus inférieurs au SMIC, tandis que 52 % dans la filière bovine viande et 51 % pour les filières ovines et caprines subissent le même sort. En revanche, la viticulture semble mieux s'en sortir, avec 38 % d'exploitants en dessous du SMIC. Cela souligne que la santé financière des agriculteurs est fortement liée à la nature de leurs productions.
Les inégalités géographiques sont également notables : l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et la Corse figurent parmi les régions les plus touchées par ces faibles revenus agricoles. L'ONG a également mentionné que les différentes lois Egalim, conçues pour soutenir le revenu agricole, s'avèrent insuffisantes.
Jules Colombo, délégué général de l'Observatoire de la Rémunération Équitable, a exprimé ses inquiétudes quant au projet de loi d'urgence agricole proposé par le gouvernement, insistant sur la nécessité d'établir des prix planchers obligatoires pour tous les producteurs afin de ne pas laisser certains d'entre eux en dehors du dispositif. "Malheureusement, ce dispositif est présenté comme volontaire aujourd'hui", a-t-il affirmé.







