La situation entre le Pakistan et l'Afghanistan s'aggrave, avec un nouveau tragique épisode survenu lundi à Asadabad. Selon les autorités locales, les tirs provenant du Pakistan auraient causé la mort de sept personnes et blessé 85 autres, en grande partie des civils, comme l'a rapporté Muzaffar Mukhlis, directeur de la santé publique de la province de Kunar.
Le conflit armé, qui perdure depuis plusieurs mois, a déjà fait plusieurs centaines de victimes. Lundi, des obus de mortier ont été tirés sur des zones résidentielles ainsi que sur l'Université de la région. Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement taliban, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Aujourd'hui, le régime militaire pakistanais a bombardé des lieux civils, causant de nombreuses pertes inacceptables ».
Des témoins sur place, dont plusieurs résidents d'Asadabad, ont confirmé les frappes, signalant des blessés parmi les étudiants, les femmes et les enfants. Mais le ministère pakistanais de l'Information a formellement nié les accusations, les qualifiant de « mensonges éhontés ».
La tension était palpable dans la ville, où des drones survolaient le ciel et des points de contrôle militaires étaient visibles. Zmarai Kunari, un professeur, s'est rendu à l'hôpital pour soutenir son frère, touché par le bombardement : « Il est allé chercher notre oncle lorsqu'il a été frappé. Malheureusement, l'un des fils de notre oncle a aussi été tué ».
Un autre résident, Sahatullah, confie que son jeune neveu a été blessé alors qu'il jouait dehors lors de l'attaque. Dans le district de Paktika, des tirs pakistanais auraient également fait une victime.
Les tensions montent entre le Pakistan et l'Afghanistan depuis que le premier accuse le second d'abriter des combattants du TTP, un groupe militant ayant revendiqué plusieurs attaques au Pakistan. Bien que les Talibans afghans aient nié ces accusations, le Pakistan a intensifié ses frappes. Des conflits récents attestent de l'escalade, le gouvernement pakistanais qualifiant la situation d'« guerre ouverte ».
Pourtant, un semblant de trêve avait été observé pendant la fête de l'Aïd el-Fitr, mais celle-ci a pris fin le 24 mars. Récemment, des frappes au canon ont causé la mort de centaines de civils, incitant la communauté internationale à condamner ces actes de violence. Les Nations Unies estiment qu'au moins 76 civils afghans ont perdu la vie depuis fin février, en plus des centaines d'autres blessés lors d'incidents récents. Des milliers d'Afghans ont également été déplacés par ces affrontements, exacerbant une crise humanitaire déjà complexe.







