Alors qu'une décision finale est encore en attente, des juges fédéraux ont estimé que l'accès non accompagné des journalistes au Pentagone pourrait favoriser des« fuites » d'informations sensibles.
Dans un contexte de tensions entre l'administration et les médias, le Pentagone a retrouvé son pouvoir de sélection des journalistes accédant à ses installations. Une décision récente d'une cour d'appel fédérale a suspendu partiellement une précédente décision interdisant au ministère de la Défense, récemment renommé « ministère de la Guerre », d'appliquer une politique d'accès discriminatoire.
Avec les récents événements, notamment une exigence de l'administration Trump stipulant que les journalistes souhaitant entrer doivent signer un document reconnaissant que leur accès peut être annulé s'ils constituent un risque pour la sécurité, le climat autour de la liberté de la presse s’assombrit. En effet, des critères comme un accès sans accompagnement ou des fuites d'informations non classifiées étaient utilisés pour limiter l'accès aux médias.
Cette politique vise à contrôler le récit et à éviter des critiques qui pourraient émerger des nombreux employés à l'intérieur du complexe de défense. Le New York Times avait récemment contesté cette réglementation devant la justice, remportant un premier combat en mars dernier.
Les juges de la cour d’appel fédérale, par vote majoritaire, ont validé que la restriction de l'accès pourrait être justifiée par des considérations de sécurité nationale, tout en soulignant que de telles mesures affectent le droit du public à s'informer sur les opérations gouvernementales. Ils ont aussi noté que les conditions d'accès pourraient influer sur les questions posées par les journalistes, et potentiellement limiter les informations qui parviennent au grand public.
Des informations sensibles en jeu
Un autre aspect de cette affaire renforce la controverse : des juges, dont l’un nommé par Donald Trump et un autre par Joe Biden, ont soutenu le ministère de la Défense, tandis qu'une juge de la même administration a exprimé des réserves. Cette décision se maintient jusqu'à ce qu'une autre instance, la Cour d'appel du circuit de Columbia, prenne une décision définitive.
Sean Parnell, porte-parole du Pentagone, a salué cette autorisation, affirmant que sa politique vise à protéger des informations cruciales et non à entraver le journalisme. Il a révélé que certaines fuites opérationnelles étaient déjà survenues, bien qu’il ait omis de mentionner que plusieurs d'entre elles provenaient d'individus proches de lui, comme le rapporté par The Atlantic, qui avait récemment dévoilé des « plans d’attaque » militaires imprudemment discutés.
En somme, la question de l'accès des journalistes au Pentagone soulève des interrogations majeures concernant l'équilibre délicat entre la sécurité nationale et la liberté de la presse, un débat essentiel dans une démocratie.







