L'évacuation de près de 150 personnes du MV Hondius, soupçonné d'être le foyer d'un hantavirus, a débuté dimanche à Tenerife, dans les Canaries. Les passagers espagnols et français ont été les premiers à quitter le navire, dans le cadre d'une opération sous haute surveillance qui s'étendra jusqu'à lundi.
Six cas confirmés d'hantavirus ont été recensés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), parmi huit cas suspects, comprenant trois décès. Ce virus, bien que rare, est connu pour causer des syndromes respiratoires aigus, et aucun vaccin ni traitement n'existe actuellement.
La situation a suscité de vives inquiétudes à l'échelle mondiale, à peine six ans après la pandémie de Covid-19. Ce scénario rappelle à tous l'importance des mesures de santé publique, comme l'a souligné Mónica García, ministre de la Santé espagnole, lors d'une conférence de presse.
À 08H30 GMT, le ministère espagnol de la Santé a indiqué que le processus d'évacuation des passagers commençait. Une journaliste de l'AFP a observé des équipes de secours en combinaison de protection et masques FFP2, assurant un transfert sécurisé vers l'aéroport de Tenerife-Sud.
Les premiers évacués, dont 14 Espagnols, ont ensuite pris un vol affrété par l'armée espagnole pour Madrid, où ils seront placés en quarantaine dans un hôpital militaire. Les cinq passagers français ont suivi peu après.
Au total, plus d'une centaine de passagers devraient être évacués, le Hondius ayant accosté dans le petit port de Granadilla de Abona. En principe, tous les occupants sont considérés comme asymptomatiques, ce qui facilite leur rapatriement vers des pays tels que les Pays-Bas et les États-Unis.
Le gouvernement a mis en place des protocoles stricts pour assurer qu'aucun contact ne se produise avec la population locale pendant l'évacuation. Une zone maritime d'exclusion a été instaurée autour du navire pour éviter tout risque de contagion.
Toutefois, une partie de l'équipage restera à bord pour continuer la route vers les Pays-Bas, où la croisière est immatriculée. Quelques passagers avaient déjà été transférés au Cap-Vert dans des conditions similaires.
Malgré l'absence de symptômes pour le moment, tous les passagers, ayant quitté Ushuaïa en Argentine le 1er avril, sont placés en isolation et suivis pendant 42 jours en tant que contacts à haut risque, selon les directives de l'OMS.
Les inquiétudes des habitants des Canaries quant à la sécurité ont été partagées avec l'OMS, dont le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a reconnu la légitimité de ces préoccupations tout en précisant que le risque était faible. Le pape Léon XIV a également remercié les Canaries d'avoir permis l'accostage du Hondius suite à sa prière du dimanche.
À noter que l'hantavirus se transmet principalement par contact avec des rongeurs infectés, mais la variante détectée sur le Hondius, l'hantavirus Andes, présente la rare potentialité de transmission d'homme à homme avec une incubation allant jusqu'à six semaines.







