Le tribunal administratif de Nancy a donné son feu vert mercredi à la tenue de l'enquête publique sur le projet Cigéo, visant à enfouir en profondeur les déchets radioactifs les plus nocifs. Celle-ci se déroulera à Bure, frontière entre la Meuse et la Haute-Marne, du lundi au 2 juillet prochain.
Environ soixante citoyens, ainsi que 28 associations locales et antinucléaires, avaient saisi la justice dans le but de faire suspendre le début de cette enquête et de la reporter à l’automne 2026. Ils soutenaient que le calendrier était trop contraignant pour une évaluation adéquate.
Le tribunal a finalement jugé que l’enquête publique est un « préalable obligatoire » pour la décision de création du centre de stockage, néanmoins, elle n’implique ni son autorisation ni ne répond aux exigences d’urgence avancées par les requérants.
Ces derniers souhaitaient prolonger la durée de l’enquête à un minimum de 90 jours au lieu de 45, et réclamaient des compléments d’information pour les plus de 10 000 pages du dossier. En outre, ils exigeaient des « procédures de notification et de consultation transfrontalière » avec des pays voisins comme la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Allemagne, ainsi que des réunions publiques en présentiel dans toutes les communes touchées par ce projet.
Malgré le désaccord exprimé, le tribunal a affirmé que les citoyens auraient un accès suffisant à l'enquête publique, leur permettant de présenter leurs arguments concernant ce qu'ils qualifient de « dossier incomplet » ou de « calendrier inapproprié ».
Les opposants dénoncent une « mascarade démocratique » et craignent que l’enquête publique commence cette année et aboutisse à un décret d’autorisation de création avant l’élection présidentielle prévue en 2027. Un rassemblement est déjà prévu ce mardi à Bar-le-Duc pour exprimer leur mécontentement, selon des sources locales.







