Après une première journée charnière d'évacuation des passagers du MV Hondius, où un foyer d'hantavirus a été confirmé, la dernière phase des opérations se déroulera lundi, avant le départ du bateau de croisière à destination des Pays-Bas.
Dimanche, la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a déclaré qu'un total de 94 personnes, provenant de 19 nationalités différentes, avaient été évacuées lors d'une journée qualifiée de "très intense". Les premiers à quitter le navire étaient les Espagnols, suivis par des passagers français et d'autres nationalités. Tous avaient reçu des instructions de sécurité strictes, portant des vêtements de protection et des masques FFP2.
Cette crise à bord du Hondius rappelle de douloureux souvenirs du Covid-19, bien que selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), seulement six cas d'hantavirus ont été confirmés parmi les huit cas suspects, dont trois ont conduit à des décès. L'hantavirus, bien qu'il soit rare, n'a pas de vaccin ni de traitement, pouvant engendrer un syndrome respiratoire aigu.
Lundi matin, aucune évacuation n'a eu lieu, le bateau devant effectuer un ravitaillement en carburant avant d'entreprendre son périple vers les Pays-Bas. La Protection civile espagnole a précisé que les opérations reprendront dans l'après-midi, avec un vol final à destination de l'Australie. En tout, plus d'une centaine de personnes devront être évacuées en moins de 48 heures.
Les évacués, considérés comme des "contacts à haut risque" par l'OMS, devront observer une période de surveillance de plusieurs semaines. Des autorités sanitaires recommandent une quarantaine de 42 jours pour limiter tout risque de propagation du virus.
Pour les 14 Espagnols évacués, tous asymptomatiques, une mise en isolement dans l'hôpital militaire Gómez Ulla à Madrid a été mise en place. En revanche, cinq Français ayant rejoint Paris ont un cas suspect parmi eux, entraînant des mesures d'isolement strictes pour leur protection.
En parallèle, un responsable de la santé américain a souligné que les passagers américains ne seraient pas systématiquement soumis à une quarantaine, bien qu'ils seront étroitement surveillés, suivant un protocole appliqué lors d'une épidémie passée de hantavirus en 2018. Malgré les recommandations de l'OMS concernant la quarantaine, les protocoles peuvent différer d'un pays à l'autre.
Au lendemain de l'arrivée du MV Hondius au port de Granadilla à Tenerife, le processus d'évacuation s'est intensifié. Les passagers ont utilisé un système d'acheminement sécurisé vers l'aéroport local, avec des mesures de sécurité rigoureuses en place.
Des vols de rapatriement ont été organisés vers plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, et d'autres. La souche d'hantavirus détectée à bord, nommée hantavirus Andes, est particulièrement rare et peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation allant jusqu'à six semaines.
Les inquiétudes issues de ce potentiel foyer sanitaire ont suscité la résistance des habitants des Canaries, qui ont exprimé leur désir d'éviter l'accostage du Hondius. L'OMS précise que cette situation ne doit pas être comparée à celle du début de la pandémie de Covid-19.







