Keir Starmer, Premier ministre du Royaume-Uni, a récemment été confronté à une pression croissante après des résultats électoraux décevants pour le Parti travailliste. Ce lundi 11 mai, il a dévoilé son intention de nationaliser British Steel, entreprise actuellement possédée par le groupe chinois Jingye, dont le contrôle avait déjà été partiellement repris par le gouvernement il y a un an.
« Nous avons engagé des négociations avec le propriétaire actuel, mais aucune solution commerciale n’a pu être conclue », a déclaré Starmer lors d’un discours à Londres. « Un projet de loi sera soumis cette semaine au Parlement pour donner au gouvernement l’autorité nécessaire afin de prendre la pleine propriété de British Steel », a-t-il ajouté.
Jingye avait précédemment exprimé son intention de fermer les hauts fourneaux de Scunthorpe, les derniers à charbon en activité au Royaume-Uni, menaçant ainsi 2 700 emplois en raison d'un manque de rentabilité. Après des négociations infructueuses, le gouvernement avait été contraint d’adopter une législation d’urgence, stipulant que British Steel devait continuer à fonctionner sous peine de sanctions, provoquant ainsi des tensions avec Pékin.
La possibilité d’une nationalisation ramène British Steel dans le giron de l’État pour la première fois depuis sa privatisation en 1988, une étape qui, selon le gouvernement, est soumise à des critères d’intérêt public essentiels.
Droits de douane portés à 50%
Ce projet vise à renforcer la sécurité nationale tout en apportant stabilité aux employés de Scunthorpe ainsi qu’aux clients de British Steel, a précisé le ministère des Entreprises et du Commerce. En mars, Londres avait lancé sa "Stratégie pour l’acier", qui comprend des droits de douane de 50% et une réduction des quotas d’importation, une mesure jugée cruciale pour protéger son industrie sidérurgique, indispensable pour les infrastructures nationales et la défense.
L’exécutif ambitionne d’atteindre 50% de production d’acier britannique utilisé au Royaume-Uni, contre 30% actuellement. Ce plan s’accompagne d’un soutien financier de 2,5 milliards de livres pour des investissements jusqu’en 2029, reflétant un précédent engagement de 500 millions de livres pour un nouveau four électrique sur le site de Tata Steel à Port Talbot.
Alors que la production d’acier au Royaume-Uni est très faible, avec seulement 4 millions de tonnes prévues en 2024, environ 40 000 emplois sont liés à ce secteur vital.
En parallèle, la France a également pris des initiatives similaires : une proposition de nationalisation d’ArcelorMittal a été adoptée l’année dernière par La France insoumise, considérant cette mesure comme "l’unique solution" pour préserver 15 000 emplois, bien que cette initiative ait été rejetée par le Sénat en février dernier.







