En crise persistante depuis plusieurs mois, le marché de l'automobile en Chine a enregistré une dégringolade des ventes en avril. Selon l'Association chinoise des voitures particulières (CPCA), les chiffres montrent un recul de 21,6% par rapport à l'année précédente, totalisant 1,4 million d'unités vendues. C'est le niveau le plus bas pour ce mois depuis 2022, en grande partie à cause de la pandémie de Covid-19.
Les ventes de voitures à moteur thermique, notamment, souffrent d'une diminution d'un tiers, en corrélation avec la crise énergétique actuelle. "La flambée des prix du pétrole a significativement perturbé le marché", a déclaré Cui Dongshu, secrétaire général de la PCA, lors d'un point de presse rapporté par Bloomberg.
Dans un contexte morose, les véhicules électriques et hybrides rechargeables représentent maintenant 60% des ventes, mais même ce segment n'échappe pas à la tendance négative, avec une baisse de 8,6% enregistrée pour avril, due à la réduction des subsides gouvernementaux.
Au total, les premiers mois de l’année ont vu une contraction des ventes de 18,5% en Chine. Cette situation s'explique, en partie, par des ménages chinois aux dépenses restreintes, influencées par le modèle de croissance économique du pays, ainsi que par les répercussions de la crise immobilière qui a sapé une partie de l’épargne de la classe moyenne.
"Le ralentissement économique a causé des pertes d'emploi et une réduction des salaires, freinant ainsi les dépenses", a averti Li Yanwei, conseiller de l'Association chinoise des concessionnaires automobiles, dans des commentaires relayés par Bloomberg.
Les consommateurs adoptent une approche prudente, espérant une clarification des politiques de subvention, des baisses de prix et une amélioration des perspectives économiques. Cependant, les comportements d'achat varient considérablement. Le nombre d'acheteurs de voitures bon marché diminue, mais ceux intéressés par des modèles plus onéreux, comme ceux de Nio, demeure relativement stable.
Des constructeurs dépendants de l'export
Malgré la faiblesse du marché intérieur, les exportations chinoises sont en plein essor, avec une flambée de 80,2% comparativement à l'année précédente. Les exportations de voitures électriques et hybrides affectionnent particulièrement le marché européen, malgré une pression protectionniste croissante. Déjà, 9% des nouvelles voitures vendues dans l’UE en 2022 provenaient de Chine.
"L’accroissement des parts de marché par les constructeurs chinois, dont BYD et Chery, est sans précédent", note le Rhodium Group dans un rapport.
Le contraste marqué entre la morosité des ventes domestiques et la vigueur des exportations est clairement illustré par BYD, le leader mondial des véhicules électriques. Bien que ses exportations aient bondi de 70% par rapport à l'année dernière, ses ventes totales ont cependant connu une chute de 16% en avril, entraînant une diminution de 55% de son bénéfice net pour le premier trimestre, le portant à 510 millions d'euros. Pour regagner du terrain, le constructeur se concentre sur l'augmentation de ses ventes à l’international.
La concurrence féroce sur le marché intérieur a minimisé les marges bénéficiaires, qui n'ont atteint que 3,2% au premier trimestre selon les chiffres de l'Association chinoise des constructeurs automobiles, tels que relayés par le South China Morning Post.
"Aucune indication ne laisse présager un ralentissement des exportations chinoises à court terme, à moins de nouvelles politiques restrictives. Le marché automobile chinois entre dans une phase de croissance plus modeste, tandis que sa capacité de production reste élevée", conclut le Rhodium Group.
Les véhicules chinois, réputés pour leur qualité, sont également favorisés par la faiblesse du yuan sur le marché européen. Les analystes de Morgan Stanley prévoient une hausse de 33% des exportations et une diminution de 11% des ventes sur le marché domestique d'ici 2026.







