Ce choix d'ambassadeur crée un paradoxe qui interpelle. Brad Pitt, choix prestigieux pour Trade Republic, ne peut pas devenir client de cette plateforme en raison des restrictions liées à la loi FATCA. Cette loi, mise en place pour combattre l'évasion fiscale, rend difficile l'accès des citoyens américains à de nombreuses institutions financières à l'étranger.
La campagne, diffusée sur divers médias en Europe, présente un concept minimaliste. Dans le spot, Pitt fait face à la caméra dans une pièce sombre, tandis qu'une voix off énonce les avantages de Trade Republic : un compte sans frais, un taux d’intérêt de 2 % et la possibilité d'investir à partir d'un euro. La publicité se conclut par une question provocatrice : "Que propose votre banque?".
Christian Hecker, cofondateur de Trade Republic, commente : "Pas de promesses en l'air, pas de discours compliqués, mais des avantages concrets."
Cependant, ces avantages ne s'appliquent pas aux Américains. Les règles de Trade Republic stipulent que les citoyens américains, y compris ceux vivant en dehors des États-Unis, ne peuvent pas ouvrir de compte.
Un ambassadeur américain contraint de rester à l'écart
Le site de Trade Republic clarifie que "les abonnements ne sont pas ouverts aux citoyens américains ou à ceux considérés comme ‘US persons’". Avec Brad Pitt, né aux États-Unis, cette situation est d'autant plus ironique. De nombreuses banques et fintechs européennes adoptent des politiques similaires pour éviter les complications fiscales liées à la FATCA.
La loi affecte aussi les "Américains accidentels", des individus nés aux États-Unis mais ayant vécu en Europe toute leur vie. Bien que les frais pour renoncer à la citoyenneté américaine aient été considérablement réduits, peu sont prêts à faire ce choix afin d'accéder à des services bancaires européens.
Trade Republic en pleine expansion malgré les restrictions
Ce n'est pas la première fois que Brad Pitt se retrouve dans une telle situation. En 2019, il avait déjà été le visage de Boursorama, qui limitait aussi l'accès à ses services pour les clients américains. Fabien Lehagre, avocat spécialiste, s'est exprimé sur LinkedIn en qualifiant cette campagne de "cynique" et a interrogé M. Hecker sur l'engagement de Trade Republic à modifier sa politique.
"Christian Hecker, vous engagerez-vous publiquement à accepter des personnes américaines comme clients?"
Trade Republic s'impose sur le marché financier européen avec plus de 10 millions de clients. La société valait environ 12,5 milliards d'euros fin 2025, témoignant de sa croissance rapide et de son ambition de révolutionner le secteur bancaire traditionnel.







