Dans une nouvelle diatribe, Donald Trump s'en prend à l'Iran en déclarant : "L'Iran ne fait plus aucun commerce, ne paie ni son armée ni ses factures, et devient rapidement un État failli! D'importantes quantités de pétrole sont exportées. Louange à Allah!" Ces déclarations, postées sur Truth Social, font partie d'une rhétorique de plus en plus agressive envers Téhéran.
Ce regain de tensions semble avoir un impact direct sur les prix du pétrole, avec le baril de Brent s'échangeant à 93,21 dollars et le WTI à 90,16 dollars, en hausse de respectivement 1,92% et 2,22%. Pourtant, malgré ces hausses et les menaces de Trump, les investisseurs continuent de parier sur un résultat diplomatique à court terme.
Trump a également commenté que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". Il a mis en avant l'efficacité du blocus américain en déclarant : "Rien ne passe sans notre volonté. C'est un mur d'acier!" Cette déclaration est révélatrice d'une stratégie de pression accrue exercée sur Téhéran.
Le président américain a fait une affirmation audacieuse : "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action".
Nouvelle flambée des tensions
Ces propos interviennent alors que les affrontements entre les deux pays se intensifient. L'Iran a rapporté avoir ciblé des bases américaines dans le Golfe, en réponse aux frappes américaines contre des objectifs le long du détroit d'Ormuz. Ces événements viennent s'ajouter à une escalade déjà existante, compliquant les négociations de paix.
Malgré l'augmentation des prix du pétrole, certains experts, comme Kathleen Brooks de XTB, notent que le marché pétrolier montre une inquiétante tranquillité. "Il y a actuellement un manque d'anxiété sur le marché pétrolier, même si un accord de paix est improbable dans le scénario actuel," précise-t-elle.
Les analystes s'accordent à dire que les investisseurs estiment que les perturbations ne causeront pas une crise d'approvisionnement majeure. Tamas Varga de PVM souligne que la majorité des acteurs du marché restent confiants quant à l'absorption des perturbations actuelles. Un récent rapport de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) indique que les stocks mondiaux de pétrole constituent pour l'instant un coussin de sécurité.
Les marchés confiants
L'AIE a noté que les interruptions de production ont déjà diminué l'offre mondiale de 11,3 millions de barils par jour en mai. Cette tendance pourrait persister, en raison de la saturation des capacités de stockage, particulièrement en Iran. Cependant, les marchés continuent de croire en une résolution rapide entre Washington et Téhéran, ce qui pourrait stabiliser les prix.
Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, souligne : "Le marché intègre actuellement un accord entre Washington et Téhéran et une réouverture rapide du détroit d'Ormuz," ce qui pourrait calmer les inquiétudes sur les prix du brut.
Cette anticipation constante est fragile. Une prolongation du conflit pourrait rapidement entraîner une flambée des prix alors que les stocks globaux se tariraient. Les acteurs du marché continueront à suivre de près l'évolution des relations entre les deux nations.







