Le marché boursier de New York a connu une hausse significative jeudi, interprétant les chiffres décevants de l'emploi américain comme une opportunité pour la Réserve fédérale (Fed) d'adopter une approche plus prudente concernant l'augmentation de ses taux d'intérêt.
À 14H00 GMT, le Dow Jones était en progression de 0,57%, tandis que le Nasdaq gagnait 0,82% et l'indice S&P 500 affichait une augmentation de 0,71%.
Les chiffres révélés juste avant l'ouverture des marchés ont montré que seulement 57.000 emplois ont été créés en juin, un chiffre bien en dessous des 110.000 anticipés par les analystes selon divers consensus.
De plus, les chiffres des mois précédents ont été largement révisés à la baisse, amplifiant les craintes autour du marché de l'emploi. "Ces données sont décevantes, mais elles diminuent la probabilité d'une hausse des taux d'intérêt à court terme", a commenté Steve Sosnick, analyste chez Interactive Brokers, dans une interview pour l'AFP.
L'outil CME FedWatch montre qu'une majorité d'investisseurs s'attendent désormais à ce que la Fed n'opte pas pour un resserrement monétaire dès septembre. "La réaction du marché boursier montre une préférence pour la baisse des probabilités de hausse des taux, plutôt que de céder à l'inquiétude face à la faiblesse évidente des chiffres de l'emploi", a souligné M. Sosnick.
La réserve fédérale américaine poursuit un double objectif: maintenir le plein emploi tout en limitant l'inflation à un taux structurel de 2%. Néanmoins, les récentes crises, dont la guerre au Moyen-Orient et l'escalade des prix de l'énergie, ont mis la lutte contre l'inflation au cœur des préoccupations de l'institution.
Un resserrement monétaire pourrait freiner la reprise souhaitée sur le marché du travail, généralement stimulé par des baisses de taux, ce que favorise Wall Street en raison de l'impact positif sur les bénéfices des entreprises.
Pour Steve Sosnick, le nouvel président de la Fed, Kevin Warsh, semble s'être concentré sur l'inflation et ses implications au détriment de l'état du marché du travail. Avec la publication de ces derniers chiffres, Sosnick estime que ces événements "recentrent le débat" sur le rôle multifacette de la Fed.
Sur le marché des obligations, le taux des emprunts à dix ans se maintenait à 4,48% vers 14H00 GMT, restant stable par rapport aux jours précédents, bien qu'en baisse depuis la publication des données de l'emploi.
Cet indicateur représentait le dernier véritable catalyseur de la semaine, car le marché commence à se tourner vers le long week-end à venir, la Bourse étant fermée vendredi en raison de la fête nationale.
Concernant les titres d'entreprises, Alphabet a progressé de 0,69% à 360,36 dollars, malgré le maintien d'une amende record infligée par l'Union européenne à sa filiale Google, s'élevant à plus de 4 milliards d'euros pour abus de position dominante.
En revanche, le constructeur de véhicules électriques Rivian a vu son titre bondir de 13,30% à 19,47 dollars après avoir relevé ses prévisions de livraison, une demande soutenue ayant été enregistrée au cours du deuxième trimestre. Tesla, en légère perte, a vu son action chuter de 3,26% à 411,42 dollars, malgré une augmentation de 25% de ses ventes lors du dernier trimestre.







