Six mois après l'adoption de l'euro, les prix continuent à flamber en Bulgarie. En juin, l'inflation, tirée vers le haut par l'énergie, a atteint 5,3%, soit le deuxième taux le plus élevé de l'Union européenne, juste derrière la Lituanie, d'après Eurostat. Les prix des produits alimentaires connaissent des hausses significatives, notamment les concombres (+60%) et les tomates (+30%).
Cette montée des prix se traduit par une pression accrue sur les ménages bulgares, qui consacrent généralement près d'un tiers de leur budget à l'alimentation, contre environ 20% en France. La Bulgarie détient également la plus forte proportion de travailleurs à bas salaires au sein de l'UE, avec 27% en 2022, selon Eurostat.
Bien que l'adoption de l'euro, survenue le 1er janvier, ait eu une influence sur les prix, celle-ci reste limitée. Une étude de la Banque centrale européenne indique que sans l'euro, l'inflation aurait été inférieure de 0,3 à 0,4 point, un chiffre comparable à l'expérience de la Slovaquie ou de la Croatie, qui ont intégré la monnaie unique auparavant.
Selon cette analyse, l'inflation se concentre principalement dans le secteur des services, où les prix ont enregistré des augmentations exceptions en janvier. Les services, souvent caractérisés par des propositions de produits plus nuancés, manquent parfois de concurrence, facilitant ainsi des ajustements tarifaires moins rigidifiés par le marché.
Des problèmes de concurrence
Il est important de noter que les prix avaient déjà tendance à grimper avant l'arrivée de l'euro. En janvier, BFM Business rapportait que l'inflation bulgare dépassait déjà celle de la moyenne européenne, défiant les critères d'entrée dans la zone euro. En effet, l'inflation doit se situer à moins de 1,5 point au-dessus de la moyenne des trois États membres les plus bas, soit un maximum de 3,5% ; or, la Bulgarie en est à 5,3%.
La montée des prix récemment constatée est largement aggravée par le choc des cours des hydrocarbures induit par le conflit au Moyen-Orient, un effet d'autant plus sensible en Bulgarie, pays énergivore. Toutefois, d'autres facteurs structurels exacerbent la situation.
Plamen Dimitrov, président de la Confédération des syndicats bulgares, a souligné que les prix de certains aliments sont difficiles à justifier. L'économiste Eric Dor a également noté des enjeux de concurrence insuffisante dans divers secteurs, conjugués à des problèmes de main-d'œuvre dans la restauration qui font monter les salaires.
Malgré la forte hausse des salaires réels en Bulgarie entre 2020 et 2025 (+37,4%), ceux-ci demeurent bas, avec un niveau de 10,5 euros de l'heure, très en dessous des 26,2 euros de l'UE, comme l'indiquent les données d'Eurostat.







