Retour à Bagdad : les États-Unis livrent des millions de dollars en cash à l'Irak

Washington réactive les livraisons de dollars en Irak, un geste clé pour soutenir le nouveau Premier ministre.
Retour à Bagdad : les États-Unis livrent des millions de dollars en cash à l'Irak
Un employé compte des billets de banque américains dans un bureau de change à Jakarta, en Indonésie, le 19 mai 2026. - AFP
Washington a redémarré les expéditions de liquidités à Bagdad, un signal fort de soutien au nouveau Premier ministre à l'approche de sa visite à Washington.

Les États-Unis viennent de relancer leurs livraisons de dollars en liquide à l'Irak après une période d'arrêt. Cette décision, annoncée par un porte-parole du gouvernement irakien, vise à offrir un soutien significatif au nouveau Premier ministre, Ali al-Zaidi, attendu à Washington à la mi-juillet.

Précédemment, Washington avait suspendu ces envois pour contraindre le gouvernement irakien à agir contre les milices pro-iraniennes qui auraient été impliquées dans de nombreuses attaques sur des installations américaines en Irak. En phase avec cela, des sanctions supplémentaires avaient été imposées.

Les revenus générés par les exportations de pétrole d'Irak sont en grande partie déposés à la Réserve fédérale américaine, un dispositif établi après l'invasion de 2003 qui a renversé Saddam Hussein. L'argent est maintenu sur des comptes en dollars aux États-Unis et peut être utilisé pour des importations ou être transféré sous forme de cash vers Bagdad.

Un haut fonctionnaire du département d'État avait noté en mai que les livraisons de dollars ne reprendraient pas tant que des "actions concrètes" ne seraient pas prises par l'Irak pour se distancier des factions soutenues par Téhéran.

Logistique des envois : un pont aérien monétaire

Le fonctionnement de ces livraisons repose sur un schéma détaillé après l'invasion, comme le souligne un rapport du Congrès américain. Une fois les fonds déposés à la Fed, une partie doit être convertie en espèces. Les autorités américaines permettent la création de billets physiques sous forme de "cash packs", qui sont ensuite expédiés par avions-cargos vers la Banque centrale d'Irak.

Le gouvernement irakien affrète les vols, mais la Fed peut annuler ou retarder des envois suivant les consignes du département du Trésor. Par exemple, en 2026, une cargaison d'environ 500 millions de dollars a été bloquée avant son départ d'Amérique, rapporte le Wall Street Journal.

À leur arrivée à Bagdad, les dollars sont intégrés aux réserves de la Banque centrale puis redistribués aux banques privées pour répondre aux besoins d'un pays qui utilise encore majoritairement les paiements en espèces.

Historiquement, ces envois ont nécessité d'importantes logistiques. Un rapport présenté devant le Congrès au milieu des années 2000 indiquait l'acheminement de 281 millions de billets répartis sur 484 palettes, pesant au total 363 tonnes, illustrant l'ampleur de cette opération.

Washington a interrompu ces livraisons, notant un manque d'efforts de la part d'Irak pour équilibrer ses relations entre les États-Unis et l'Iran, une dynamique complexe qui mériterait une analyse approfondie.

Un signe de coopération

Les autorités irakiennes ont tenté de minimiser l'impact du blocage, attribuant cet arrêt à des problèmes d'espace aérien et de sécurité. "Les livraisons ont repris il y a quelque temps", a affirmé Haidar al-Aboudi, porte-parole du gouvernement, à l'AFP. Il voit cette reprise comme un "signe positif" avant la visite d'al-Zaidi à Washington.

"Nous l'envisageons sous l'angle de la coopération, de la coordination et du partenariat", a-t-il précisé, notamment sur le plan économique.

Le nouveau Premier ministre, soutenu par les États-Unis, vise à renforcer le monopole d'État sur les armes et appelle les groupes armés à déposer leurs armes auprès des autorités. Lors de sa première visite à l'étranger, il aspire à attirer davantage d'investissements américains dans une économie frappée par les conflits.

Ce pays, membre fondateur de l'Opep, demeure fortement tributaire de ses exportations pétrolières, qui représentent environ 90 % de ses ressources budgétaires, et transitent majoritairement par le détroit d'Ormuz, une zone de tensions perpétuelles.

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