Le climat d'inquiétude transatlantique prend une nouvelle tournure alors qu'Emmanuel Macron annonce, le 17 janvier, son intention de réclamer l'activation de l'instrument anti-coercition de l'Union européenne, suite aux récentes menaces de surtaxes douanières émises par Donald Trump à l'encontre de plusieurs États européens.
Ces menaces, visant notamment la France, le Danemark, l'Allemagne, et les Pays-Bas, s'inscrivent dans un cadre géopolitique tendu. Selon Macron, ces surtaxes qui seraient liées à des pressions politiques, notamment une éventuelle vente du Groenland aux États-Unis, constituent une forme de coercition économique inacceptable. La situation révèle la nécessité d'unir les forces européennes pour faire front face à de telles pressions.
L'instrument anti-coercition (ACI), conçu comme une mesure de dissuasion, répond spécifiquement à des tentatives d'imposition de choix politiques par des États tiers, au travers de menaces commerciales. Comme l'explique une analyse de BFMTV, la nature de la menace de Trump s'aligne parfaitement avec cette définition.
Une procédure complexe mais structurée
Néanmoins, l'activation de cet instrument n'est pas instantanée. La Commission européenne doit d'abord mener une enquête pour établir si une coercition a bien eu lieu. Une fois cette analyse menée, une proposition d'activation sera soumise au Conseil de l'Union européenne. Ce dernier dispose d'un délai de dix semaines pour émettre son avis, une décision nécessitant une majorité qualifiée, ce qui implique un consensus parmi les États membres.
Un arsenal de ripostes diversifiées
Si l'instrument est activé, l'UE pourrait alors envisager un large éventail de mesures, allant des droits de douane à l'imposition de quotas ou à des restrictions d'accès au marché unique pour certaines entreprises. Ces actions, qui peuvent aller jusqu'à l'exclusion de sociétés des marchés publics européens, visent à créer un rapport de force favorable lors des négociations. En ce sens, l'ACI est souvent qualifié de "bazooka" commercial.
Adopté en octobre 2023, cet instrument est le résultat d'une prise de conscience des pressions extérieures, notamment celles exercées par la Chine et la Russie. Ces expériences ont montré à Bruxelles l'importance d'avoir une réponse rapide et efficace face à de telles menaces. Paris, à travers la voix de Macron, rappelle ainsi que l'unité européenne est indispensable pour défendre ses intérêts face à des adversités extérieures, une position soutenue par de nombreux experts en affaires internationales.







