L'affaire des rappels de laits infantiles suspectés d'être contaminés par la toxine céréulide prend un tournant judiciaire. L'association Foodwatch, accompagnée de huit familles, a déposé une plainte à Paris, accusant les fabricants et les autorités de ne pas avoir réagi en temps opportun.
Parmi les victimes, Adam, à peine un mois, a dû être hospitalisé en réanimation après avoir consommé du lait Guigoz, souffrant de graves diarrhées et vomissements. Amani, âgé de cinq mois, a également dû faire face à d'importants maux de ventre après avoir ingéré du Babybio. D'autres cas similaires sont signalés, alertant parents et crèches au sujet de risques sanitaires alarmants.
Les familles, qui relient les problèmes de santé de leurs nourrissons à des laits faisant l'objet de rappels, ont décidé de soutenir la plainte, comme le confirme un rapport de l'AFP. « Les faits sont particulièrement graves, ces laits contaminés sont souvent destinés à des nourrissons vulnérables de moins de six mois, » a noté Foodwatch.
La plainte vise de multiples accusations, y compris la mise en danger de la vie d'autrui et la tromperie aggravée. « Les fabricants ont clairement failli à leurs obligations de sécurité sanitaire. Nous demandons des mesures sévères, surtout en ce qui concerne la santé des nourrissons, » a signalé Me François Lafforgue, avocat des familles.
De grandes marques telles que Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot) ont déjà initié des rappels de laits potentiellement contaminés dans plus de soixante pays, dont la France, également à la suite d'une alerte de contamination à la céréulide. Cette toxine, produite par certaines bactéries, peut entraîner des troubles digestifs sérieux chez les jeunes enfants, avertit le ministère de la Santé.
Il reste à établir un lien de causalité entre la consommation de ces produits et les symptômes observés. Au cœur de ces préoccupations, se trouve une huile d'origine chinoise, fabriquée par Cabio Biotech, soupçonnée de contenir la toxine.
Foodwatch critique le comportement des fabricants, notant un retard important entre les alertes initiales de décembre et les rappels en janvier, lesquels ont été jugés insuffisamment transparents. Les parents, selon l'association, n'ont pas été dûment informés des risques.
La problématique s'étend au-delà des frontières de la France. Les laits incriminés ont été distribués dans une dizaine de pays européens ainsi qu'en Australie, en Russie, au Qatar et en Égypte, créant une inquiétude mondiale.
Actuellement, deux enquêtes criminelles sont déjà en cours à Angers et Bordeaux après la mort tragique de deux nourrissons après consommation de lait infantile rappelé par Nestlé suite à une contamination potentielle. Bien que les autorités n'aient pas encore établi de lien direct, des critiques fusent sur les lenteurs administratives.
Mercredi, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a défendu les actions prises, affirmant que toutes les procédures avaient été respectées. L'Europe est désormais attentive, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ayant été saisie pour établir des normes concernant la céréulide dans les produits pour enfants, avec un avis attendu le 2 février.







