À l'aune des frappes engagées contre l'Iran le 28 février, le prix du pétrole se trouve sous haute pression. Alors qu'il était à 72 dollars, des prévisions indiquent qu'il pourrait atteindre rapidement 100 dollars, selon Kirill Dmitriev, conseiller économique du Kremlin. Certains analystes, comme Homayoun Falakshahi de Kpler, vont même jusqu'à avancer que les prix pourraient dépasser les 120 dollars si la situation perdure dans la région.
Ce contexte trouve son origine dans la position stratégique de l'Iran, qui figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux avec une extraction peu coûteuse de son pétrole, limitée à environ 10 dollars le baril. Selon Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management, ces facteurs placent le pays au cœur des préoccupations des marchés.
Le détroit d'Ormuz : clé de l'approvisionnement mondial
Le détroit d'Ormuz reste un enjeu capital, représentant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Les Gardiens de la Révolution ont déclaré que ce passage vital est "de facto fermé", suscitant des craintes de pénuries majeures si la situation persiste, comme rapporté par la Financial Times.
Le blocage prolongé du détroit pourrait exacerber la pression sur les marchés, car seuls quelques pays de la région peuvent compenser cette perte de capacité, à l'instar de l'Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis.
Pour renforcer la sécurité maritime, les États-Unis ont appelé les navires commerciaux à éviter la zone, alors que les armateurs commencent à effectuer des détours. Michael Alfaro, d'un fonds spéculatif spécialisé dans l'énergie, estime que malgré la situation tendue, le prix du pétrole ne dépassera probablement pas les 100 dollars grâce à de possibles augmentations de la production par l'Opep+.
Réunion cruciale de l'Opep+
La réunion imminente de l'Opep+ marquera un tournant possible, où le cartel pourrait décider de maintenir ses quotas actuels d'approvisionnement afin de surveiller les impacts du conflit. Une telle décision pourrait même encourager une reprise de parts de marché, en réponse à la compétition accrue venant des États-Unis et d'autres producteurs.
Dans un climat d'incertitude croissante, l'éventualité d'une escalade de la violence en Iran demeure préoccupante, selon des experts comme Jason Bordoff, président du Centre sur les politiques énergétiques mondiales. La situation reste à surveiller de près alors que les marchés réagissent aux développements en cours.







