Mercredi, deux tiers de Cuba, y compris La Havane, ont été privés d'électricité en raison d'une panne massive dans le réseau national. Cette situation critique survient alors que les Cubains affrontent déjà de graves problèmes énergétiques dus à l'embargo américain.
L'île, qui compte près de 9,6 millions d'habitants, fait face depuis plus de deux ans à des coupures récurrentes d'électricité qui touchent souvent l'ensemble de la nation. Cette nouvelle interruption, particulièrement aigüe, est observée à un moment où la pression des États-Unis se fait plus sentir sur les ressources énergétiques de Cuba.
"Une déconnexion du système national s'est produite" a annoncé la compagnie nationale d'électricité (UNE) sur les réseaux sociaux. Cette panne a été causée par la défaillance inattendue de la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras, située dans l'ouest du pays, à 12h41 heure locale (17h41 GMT).
En plus des coupures d'électricité, les Cubains doivent gérer des délestages prolongés. Des coupures ayant dépassé les 15 heures ont été observées à La Havane, et dans certaines provinces, les pénuries peuvent durer plus d'une journée. La situation s'est aggravée après la perte d'acheminement du pétrole en provenance du Venezuela, suite aux sanctions des États-Unis sur l'île.
Depuis le 9 janvier, aucun navire transportant du pétrole n'a accosté à Cuba, poussant les autorités à prendre des mesures draconiennes, telles que la suspension de la vente de diesel, le rationnement de l'essence, une réduction des activités dans les hôpitaux et l'adoption de cours universitaires à distance. Les systèmes de transport public ont également été largement réduits, tandis que les prix des transports privés et des denrées alimentaires ont augmenté de manière alarmante.
- "Ce n'est plus une vie" -
Alfredo Menéndez, un retraité de 67 ans, témoigne au micro de l'AFP : "Je ne veux même pas y penser, c'est comme ça qu'on vit, dans l'incertitude. Je ne sais même plus à quel Dieu demander qu'il se passe quelque chose qui améliore notre vie, parce que ça, ce n'est plus une vie".
Beatriz Barrios, habitante de La Havane, partage ses inquiétudes pour les familles nombreuses, en particulier celles ayant des enfants ou des personnes âgées malades. Elle souligne que "c'est une situation vraiment pénible et compliquée pour conserver la nourriture", en particulier dans un secteur touristique déjà éprouvé par les sanctions américaines.
L'administration américaine justifie ces sanctions en brandissant une "menace exceptionnelle" que Cuba représenterait pour la sécurité nationale des États-Unis, étant donné sa proximité géographique avec la Floride. À cet égard, le gouvernement cubain accuse l’ancien président Donald Trump de chercher à "asphyxier" l'économie de l'île, déjà sous embargo depuis 1962.
Entre le 1er janvier et le 15 février, la disponibilité d'électricité a chuté de 20% par rapport à 2025, selon des statistiques dévoilées par l'AFP. Les huit centrales thermoélectriques de Cuba, pour la plupart construites dans les années 1980 et 1990, subissent fréquemment des pannes ou doivent être arrêtées pour de longues périodes de maintenance. Le manque de carburant s'avère être un facteur aggravant des coupures d'électricité.
Le gouvernement insiste sur le fait que les sanctions américaines l'empêchent de moderniser son réseau électrique, mais des économistes suggèrent que c'est également un manque chroniques d'investissement dans ce secteur qui est en cause.







