Le 4 mars, la police londonienne a procédé à l'arrestation de trois hommes soupçonnés d'espionnage en faveur de la Chine, parmi lesquels se trouve David Taylor, le mari de la députée travailliste Joani Reid. Cette situation constitue un nouvel embarras pour le gouvernement de Keir Starmer, déjà critiqué pour son attitude jugée trop conciliante envers Pékin.
David Taylor, lobbyiste de profession, a été arrêté en même temps que deux autres suspects dans le cadre d'une enquête supervisée par la section antiterroriste à Londres et au pays de Galles. Après l'annonce des arrestations par le ministre de la sécurité, Dan Jarvis, Joani Reid a rapidement publié un communiqué pour clarifier sa position : « Je ne suis pas impliquée dans les activités de mon mari. Je n'ai jamais eu de raisons de croire qu'il enfreignait la loi. »
Reid a également ajouté qu'elle n'avait jamais rencontré de représentants chinois durant son mandat, atténuant les spéculations dont son mari fait l'objet. De plus, la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a suggéré qu'un des autres suspects était le partenaire d’une ancienne députée travailliste, ce qui compliquerait encore plus la situation pour Starmer.
Réaction de la Chine
Pour l'heure, les éléments fournis par la police londonienne restent vagues concernant la nature de l'enquête. Des perquisitions ont eu lieu à plusieurs adresses à Londres, Cardiff et près de Glasgow. La cheffe de la police antiterroriste, Helen Flanagan, a déclaré que ces arrestations faisaient partie d'une « enquête proactive » et qu'il n'existait pas de menace immédiate pour le public.
Un porte-parole de l'ambassade de Chine à Londres a vivement réagi : « Ceux qui au Royaume-Uni évoquent des affaires d’espionnage pour ternir l'image de la Chine se livrent à de la désinformation. » Dans le même temps, Dan Jarvis a tenté de rassurer le parlement sur la volonté du gouvernement de contrer les ingérences étrangères, en particulier celles provenant de Chine.
Cette actualité coïncide avec l'ouverture d'un procès à Londres pour deux binationaux accusés d'avoir facilité des opérations de surveillance au profit des services chinois. Bill Yuen et Peter Wai sont en effet accusés d'avoir mené « des actions de police clandestines » pour le gouvernement hongkongais, renforçant ainsi les craintes d'espionnage en sol britannique.
L'affaire actuelle survient dans un climat déjà tendu, d'autant plus que l'opinion publique est sensibilisée par de récentes controverses autour du gouvernement de Keir Starmer, notamment quant à son refus d'accuser des proches d'espionnage, soirée alimentée par l'ouverture d'une nouvelle ambassade chinoise à Londres.







