La situation s'intensifie entre Viktor Orban et Volodymyr Zelensky, alors que la Hongrie a récemment expulsé sept ressortissants ukrainiens dans un contexte de tensions croissantes concernant le transit de pétrole russe.
Budapest, dirigée par un Orban enclin à renforcer ses relations avec Moscou, accuse l'Ukraine de retarder délibérément la réouverture d'un oléoduc crucial, endommagé par des bombardements russes, qui alimente la Hongrie et la Slovaquie en pétrole.
De son côté, l'Ukraine, confrontée à une invasion russe meurtrière depuis 2022, reproche à Orban de bloquer 90 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et de freiner une nouvelle série de sanctions contre Moscou.
La tension est montée d'un cran vendredi, lorsque l'Ukraine s'est offusquée de l'arrestation de sept membres d'une mission bancaire ukrainienne par Budapest, qualifiant cette action de "prise d'otages".
En campagne pour sa réélection, Orban a exprimé sa détermination à faire pression sur l'Ukraine. Dans une récente interview, Zelensky a même laissé entendre qu'il pourrait prendre des mesures militaires contre ceux qui bloquent l'aide.
"Nous avons réussi à obtenir la libération des sept Ukrainiens, et ils sont enfin en sécurité", a tweeté le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga. Cependant, le sort des fonds transportés reste incertain.
Dans un contexte de tensions diplomatiques, la Hongrie a mis en place des mesures pour expulser les Ukrainiens arrêtés, et la diplomatie ukrainienne a convoqué le chargé d'affaires hongrois pour protester contre ces "pratiques illégales".
Le Premier ministre hongrois, Zoltan Kovacs, a annoncé que la Hongrie stopperait tout transit de ressources essentielles vers l'Ukraine tant qu'elle n'obtiendrait pas les garanties nécessaires pour le transport de pétrole russe.
Orban, tout en soulignant l'importance de maintenir des liens avec Moscou, a obtenu la libération de soldats ukraino-hongrois, un geste critiqué par Kiev comme étant une manipulation des prisonniers. Même si l'UE a suspendu la plupart des importations de pétrole russe, certains oléoducs, comme Droujba, bénéficient d'une exemption temporaire.
Zelensky a clairement indiqué qu'il ne renouerait pas avec le transit de pétrole russe, affirmant : "C'est du pétrole russe. Il y a des principes qui ne peuvent être compromis. Ils tentent de nous détruire, et nous devrions fournir du pétrole au Hongrois?".
La Hongrie répond en bloquant une grande aide financière de l'Union européenne, exacerbant ainsi les tensions. Zelensky a menacé de nommer publiquement ceux responsables de ce blocage, une déclaration jugée inacceptable à Bruxelles.







