Lors d'un sommet tenu à Paris le 10 mars, Ursula von der Leyen a exprimé ses préoccupations sur les implications de la réduction des investissements dans le nucléaire civil. Elle et Emmanuel Macron ont souligné le rôle essentiel que joue cette source d'énergie pour renforcer la souveraineté énergétique de l'Europe.
La présidente de la Commission européenne a déclaré devant un auditoire de représentants de quarante pays et organisations internationales que « la réduction de la part du nucléaire était un choix stratégique, et avec du recul, on peut dire que l'Europe a commis une grave erreur en délaissant une source d'énergie fiable et peu polluante ». Cette affirmation rehausse la discussion autour d'un secteur français d'une grande importance, fort de ses 57 réacteurs nucléaires.
Appel aux investissements
Face aux incertitudes géopolitiques accrues, notamment la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, les dirigeants ont insisté sur la nécessité d'investir dans des énergies décarbonées, dont le nucléaire et les énergies renouvelables, afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles.
Emmanuel Macron a appelé tous les acteurs, publics et privés, à mobiliser les investissements nécessaires pour soutenir cette filière, la qualifiant de « véritable secteur d’avenir pour nos sociétés ». Il a notamment insisté sur le rôle crucial que doivent jouer les banques et les fonds d’investissement pour soutenir les projets innovants dans ce domaine.
Dans le cadre de cette journée dédiée aux enjeux nucléaires, les ministres de l'énergie du G7 se réuniront également pour discuter des impacts de la flambée des prix du pétrole sur les marchés transitoires.
Ce sommet, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), marque le début d'une série de rencontres visant à renforcer le rôle du nucléaire. Avec le quinzième anniversaire de l’accident de Fukushima et le quarante anniversaire de Tchernobyl, cette réunion pourrait être un tournant important pour la politique énergétique de l'Union.
La Commission européenne a également prévu de présenter une feuille de route visant à développer des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR), avec un objectif de commercialisation d'ici 2030. Cela répond à la nécessité urgente de garder une longueur d’avance sur les États-Unis et la Chine dans le domaine nucléaire.







