Après un combat juridique prolongé, les autorités italiennes ont réussi à contraindre la chaîne de restauration espagnole La Mafia se siente a mesa (“La Mafia passe à table”) à modifier son nom. Une référence considérée comme incompatible avec les valeurs d’ordre public.
Les carottes sont cuites. Sous l'impulsion de l'Italie, la chaîne La Mafia se siente a mesa doit désormais changer de nom. Les autorités italiennes qualifient cette dénomination de “offensante”, une décision confirmée par l’Office espagnol des brevets et des marques (OEPM), comme l'indique le quotidien ABC. Ce dernier a relayé cette information dans une récente note publiée fin février.
L’OEPM a déclaré que l'utilisation du terme “mafia” est “contraire tant à l’ordre public qu’aux bonnes pratiques”, selon les précisions rapportées par Expansión. Malgré cela, la chaîne a l'intention de faire appel, comme l’explique une interview accordée à la radio Cope.
Ce développement marque potentiellement la fin d'un différend de longue haleine entre l'Italie et l’enseigne espagnole. Fondée à Saragosse au début des années 2000, cette chaîne possède actuellement plus d’une centaine de restaurants à travers l'Espagne, selon Expansión.
Les mots ont un sens
En 2015, l'Italie avait déjà déposé une demande d'annulation du nom auprès de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), qui avait également statué en faveur de l'Italie, estimant que ce nom “faisait clairement la promotion de l’organisation criminelle”, comme le rapporte ABC.
Le Tribunal de l’Union européenne avait confirmé cette décision en 2018. Néanmoins, l’entreprise maintient qu'elle n’a jamais eu l'intention de glorifier le crime organisé, selon Cope. Les dirigeants de la chaîne affirment que leur nom fait référence à un livre de recettes et à la célèbre saga cinématographique Le Parrain.
Toutefois, le média Hule y Mantel souligne que les mots “ont un sens”, insistant sur le fait que le terme “mafia” est indissociable d’actes répréhensibles. À l’international, le journal La Repubblica déplore le fait que plusieurs établissements arborent des noms liés à la mafia, citant notamment le restaurant parisien Corleone by Lucia Riina, ouvert en 2018 par la fille de l’infâme parrain sicilien, Totò Riina, décédé en 2017.







