Les dernières recherches de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Réserve fédérale de New York révèlent que les droits de douane imposés par les États-Unis sont en grande partie supportés par les importateurs et les consommateurs américains, atteignant jusqu'à 90 % du coût total. Cette situation a un effet néfaste sur les échanges commerciaux tout en impactant également les exportateurs étrangers, selon un article publié dans le Bulletin économique de la BCE.
Les droits de douane, bien qu'affichés comme des mesures de protection, pèsent majoritairement sur l'économie américaine. Cette étude souligne la complexité d’évaluer ces impacts, en raison des divers ajustements au long de la chaîne de valeur, qui affectent tant les exportateurs que les consommateurs finaux.
"Les exportateurs vers les États-Unis absorbent une part marginale des coûts liés aux droits de douane ; la majoration est principalement supportée par les importateurs et les consommateurs américains," détaille le rapport de la BCE.
De plus, la BCE précise que les entreprises européennes ne couvrent qu'environ 5 % de ces coûts. L'indice de répercussion suggère qu'une hausse de 10 % des droits de douane entraîne une augmentation de 9,5 % des prix pour le consommateur américain. En pratique, cela indique que presque toute l'augmentation du coût est répercutée sur les acheteurs aux États-Unis.
La Fed de New York arrive à la même conclusion
L'analyse de la Fed de New York corrobore cette vision, anticipant que d'ici 2025, les Américains devraient endurer près de 90 % de la charge des droits de douane, atteignant même un pic de 94 % au cours de certains mois en 2026.
Bien que cette politique génère d'importants revenus fiscaux, l’impact sur les consommateurs pourrait être tel que leur contribution pourrait largement dépasser 50 % si la tendance actuelle continue. Cela met en lumière un paradoxe : loin d'être une mesure punitive exclusivement tournée vers les partenaires commerciaux, ces droits de douane se révèlent être une forme de taxe nationale, entraînant une dégradation du pouvoir d'achat et de la compétitivité des entreprises américaines.
En conséquence, les observateurs économiques mettent en garde contre un renforcement des attentes inflationnistes, alimentées par ces hausses tarifaires. À chaque nouveau tour de vis tarifaire, les incendies liés à l'inflation pourraient s'embraser davantage, impactant la vie quotidienne des Américains.







