Dans une décision marquante, le Parlement israélien a validé ce lundi le budget de 2026, incluant une hausse conséquente des financements destinés à la défense, alors que le pays fait face à un conflit sur plusieurs fronts.
"À la lumière de l'opération Lion rugissant, nous avons alloué plus de 30 milliards de shekels (environ 8,3 milliards d'euros) supplémentaires au ministère de la Défense, portant son budget total à plus de 142 milliards de shekels", a communiqué la Knesset. Le vote a eu lieu avec 62 députés en faveur et 55 contre.
Le budget global pour 2026 s'élève à environ 850 milliards de shekels israéliens, soit 235 milliards d'euros. Ces augmentations sont la réponse directe à la guerre qui a éclaté suite à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Par ailleurs, Israël mène également des frappes en Iran depuis fin février et est en opération dans le sud du Liban.
Le ministre des Finances de droite radicale, Bezalel Smotrich, a décrit cette décision comme un "tournant historique" pour Israël, soulignant qu'elle redéfinirait à la fois les priorités de sécurité et les enjeux économiques du pays. "Nous avons l'opportunité de restructurer le Moyen-Orient. Ce budget met notre nation dans une perspective de victoire", a-t-il déclaré.
"Ce budget donne à notre nation les moyens de gagner", a affirmé Bezalel Smotrich.
Critiques acerbes de l’opposition
En revanche, Yair Lapid, chef de l’opposition, a qualifié ce budget de "plus grand vol de l’histoire de l’État". Selon lui, une partie conséquente des fonds alloués serait détournée à des fins de corruption et pour contourner l’obligation de service militaire. "Le peuple israélien n'est pas dupe. Ce budget profite aux corrompus et à ceux qui fuient leurs responsabilités, au détriment du pays", a-t-il ajouté.
Lapid a également critiqué la lenteur du gouvernement à adopter des lois qui mobiliseraient les juifs ultra-orthodoxes, actuellement largement exemptés du service militaire, une question qui suscite de vives critiques au sein de la population israélienne.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en quête du soutien des partis ultra-orthodoxes, retarde l’adoption de cette législation. De surcroît, l’augmentation des dépenses militaires impliquera une coupe de 3% dans les budgets de tous les autres ministères, une autre source de mécontentement soulevée par Lapid.
Augmentations controversées pour les ultra-orthodoxes
Malgré ces coupes, le gouvernement a approuvé une augmentation des fonds pour les ultra-orthodoxes et les colonies, pour garantir leur soutien. Les écoles privées dont ils ont le contrôle bénéficieront ainsi de 652 millions d'euros supplémentaires, signale le rapport du groupe anti-colonisation Peace Now, dénonçant cette décision comme un "vol organisé des fonds publics" pour le bénéfice d'un petit groupe.
Par ailleurs, le 4 décembre dernier, le gouvernement a décidé d'investir plus de 761 millions d'euros sur cinq ans pour le développement de colonies en Cisjordanie occupée, une situation largement critiquée sur le plan du droit international.







