Les gérants de stations-service en Corse font face à des défis considérables, même après le réapprovisionnement en carburant qui a eu lieu ce lundi, marquant la fin d'une période de tensions suite à des blocages de dépôts. Bien que la livraison ait repris, les gérants soulignent que la situation reste précaire avec des marges déjà très serrées, des coûts concurrentiels croissants, et un risque de fermetures en série.
Jean-François Giamarchi, gérant d'une station à Lupinu, expose le dilemme auquel il est confronté. "Pour gérer le flux d'automobilistes durant la pénurie, j'ai dû fermer deux pompes, surtout pour réduire la pression sur mes stocks". La compétition s'intensifie, notamment avec l'application du bouclier tarifaire par TotalEnergies qui rend difficile pour les indépendants d'aligner leurs prix.
La situation est alarmante : "Seules les stations les plus solides pourraient survivre jusqu'à fin mai", déclare Giamarchi. Avec une perte de fréquentation de plus de 60%, ces entreprises sont dans une lutte pour leur survie. Dans cette tempête économique, certains gérants choisissent de diversifier leurs activités, notamment par l'ajout de services comme des boutiques ou des garages afin de compenser les baisses de revenus. Giamarchi précise, "Sans ces services annexes, il serait impossible de couvrir les charges".
Une demande d’encadrement des prix
Face à l'urgence de leur situation, les propriétaires de stations-service formulent des demandes concrètes. Bien que des aides gouvernementales aient été mises en place pour d'autres secteurs, comme l'agriculture, les gérants d' stations services jugent ces mesures insuffisantes. Ils souhaitent un encadrement des prix similaire à celui déjà appliqué dans les territoires d'outre-mer, pour établir des prix à la pompe justes pour tous. "Il est primordial d'avoir un prix décent à la pompe, pour ne pas accoliser la population", insiste Jean-François Giamarchi, qui évoque les différences de prix observées à La Réunion.
Avec près de 400 familles potentiellement impactées à court terme, cette crise ne se limite pas simplement à des enjeux économiques, mais revêt également des implications sociales majeures. La logistique à Lucciana, limitée par des capacités de stockage restreintes et des livraisons complexes, augmente les frais d'approvisionnement, ce qui aggrave la situation déjà fragile des stations. Dans cette ambiance anxiogène, la réunion prévue avec les décideurs locaux est attendue comme cruciale, car le temps presse pour les gérants indépendants en quête de solutions.







