La France maintient sa taxe sur les petits colis pour réformer le commerce en ligne

La France persiste avec sa taxe sur les petits colis, mais les plateformes trouvent des solutions.
La France maintient sa taxe sur les petits colis pour réformer le commerce en ligne

Introduite il y a un mois, la taxe visant à réduire le flux des petits colis est déjà contestée, mais le gouvernement français reste ferme dans sa volonté de la maintenir, espérant amener les plateformes asiatiques d'e-commerce à "changer leur modèle".

Alors qu'on prévoit 5,8 milliards de petits colis livrés en Europe d'ici 2025, les États membres s'efforcent de contrôler cette tendance alarmante, qui enregistre 97 % de ses expéditions en provenance de Chine.

La France, s'inspirant de l'initiative italienne, a instauré depuis le 1er mars une taxe fixe de deux euros sur chaque article expédié dans ces petits colis représentant moins de 150 euros.

Cependant, des géants du commerce en ligne comme Temu, Shein et AliExpress semblent avoir détourné cette mesure, en faisant transit de leurs envois par d'autres pays européens avant de les acheminer vers la France par voie terrestre.

"Conformément au droit de l’Union européenne, les marchandises légalement importées peuvent circuler librement au sein de l’Union", a affirmé Shein dans une déclaration à l'AFP.

Temu et AliExpress n'ont pas encore réagi à cette situation.

Cette stratégie, bien que légale, a des répercussions sur les entreprises françaises de logistique, notamment en matière de dédouanement, tri et distribution, selon des acteurs du secteur. Aéroports de Paris a par exemple signalé une diminution significative de ses vols cargo, avec environ cinquante vols hebdomadaires n'atterrissant plus à Paris-Charles de Gaulle depuis l'application de cette taxe.

De son côté, l'aéroport de Liège a constaté une augmentation de ses opérations aériennes attribuées à ce changement, rappelant une situation similaire observée lors de la mise en œuvre d'une taxe équivalente en Italie, qui a finalement été annulée.

L'Union des entreprises de transport et logistique de France prévoit que cette taxe pourrait conduire à la perte de 500 à 1.000 emplois d'ici cet été si aucune suspension n'est décidée. Elle souligne également que les PME françaises qui expédiaient vers la Chine souffrent désormais du changement de dynamique des flux.

- "Désintox" -

Le gouvernement admet bien l'existence d'une certaine esquive de la part des plateformes, mais se félicite d'avoir accéléré les discussions au sein de l'UE pour un cadre fiscal commun. Florian Colas, le directeur général des Douanes, a déclaré que l'initiative française a visiblement contribué à la précipitation de l'UE à instituer un cadre fiscal d'ici 2026, deux ans plus tôt que prévu.

À partir de juillet, la taxe française sera augmentée à cinq euros par article, en raison de l'ajout d'un droit de douane européen de trois euros. Une harmonisation européenne similaire à la taxe française est attendue pour novembre 2026.

Pour le moment, le gouvernement n'a pas évalué les revenus générés par cette taxe, initialement projetés à 400 millions d'euros, ni les pertes causées par son contournement. Pourtant, il insiste sur le besoin de "détoxifier" le marché français de cette surabondance de petits colis.

Le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, a exprimé l'espoir que cette taxe conduira les acteurs non-européens à adopter des pratiques logistiques plus durables, en utilisant des entrepôts situés dans l'UE, ce qui faciliterait le contrôle du flux des marchandises.

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