L'association Antoine Alléno a annonçé son intention de mener une action en justice visant des entreprises chinoise et polonaise. La raison ? Dénoncer la commercialisation inappropriée du protoxyde d'azote, un gaz qui s'est fait un nom sous des formes colorées et attrayantes sur le marché, notamment via la marque Cream Deluxe.
Mercredi, le chef étoilé Yannick Alléno, président de l'association, a déclaré : "Cette action de groupe nous permettra d'attaquer les producteurs de protoxyde d'azote qui usent de canaux de communication trompeurs pour cibler nos jeunes." Cette initiative fait écho à la tragédie personnelle de Yannick Alléno, dont le fils a perdu la vie en 2022 à cause d'un chauffard.
Les bonbonnes de protoxyde d'azote, commercialisées sous des noms évoquant la fête et la convivialité, sont fabriquées par la société chinoise Zhuzhou Xingye Chemical, alors que la d'exploitation de la marque revient à IVM Firma Handlowa, une entreprise polonaise. L'association prétend que ces bonbonnes, arborant des nuances pétillantes, sont exclusivement attribuées à la réalisation de cocktails, bien qu'aucun chef cuisinier ne les utilise dans un cadre culinaire, comme l'a souligné Yannick Alléno, affirmant ne les avoir jamais vu dans ses cuisines.
Dans sa plainte pour pratiques commerciales déloyales, l'association Antoine Alléno demande au tribunal de Paris d'ordonner la cessation des activités de vente de ces entreprises en France, avec une menace de sanctions financières si elles ne s'exécutent pas. En outre, l'association réclame une compensation de 25 000 euros pour couvrir les frais juridiques liés à cette action.
Concernant les dangers liés à l'utilisation de ce gaz, Yannick Alléno a alerté : "Le protoxyde d'azote engendre des accidents graves. Nous avons recensé plus de 450 incidents sur les routes en 2025, un chiffre alarmant, multiplié par quarante par rapport à 2019." Ce sentiment d'urgence a également conduit à un projet de loi au Sénat, nommé "Ripost", visant à criminaliser l'inhalation de ce gaz, prévoyant des peines de prison et des amendes conséquentes pour les contrevenants.
La lutte contre la banalisation du protoxyde d'azote s'inscrit dans un cadre législatif plus large, récemment renforcé par des propositions de la Commission Européenne qui envisagent d'interdire son accès au grand public d'ici 2027, afin de réduire les risques sanitaires. Cette démarche reflète une prise de conscience croissante des dangers liés à des substances autrefois considérées comme inoffensives.







