Ce jeudi 30 avril, au tribunal correctionnel de Marseille, le parquet a formulé des requêtes sévères à l'encontre de Mickaël Ettori, avec des peines comprises entre 12 et 14 ans de prison. En outre, une amende variant de 1,5 à 2 millions d'euros a également été demandée.
Mickaël Ettori, réputé membre important de la bande criminelle du Petit Bar, a comparu pour cette audience, marquant ainsi la conclusion de son procès. Arrêté en décembre dernier à Olmeto après cinq années de fuite, le prévenu de 53 ans a systématiquement contesté la sentence qui l'a condamné à 12 ans de prison et à une amende de 1,5 million d'euros lors d'un procès antérieur sur les financements clandestins du Petit Bar, surnommé "Email Diamant".
Au terme de trois heures de réquisitoire, la procureure Isabelle Candau a décrété que des peines de "12 à 14 ans" de prison, ainsi que "1,5 à 2 millions d’euros" d’amende, étaient nécessaires, accompagnées d'une interdiction de séjour en Corse et en Île-de-France.
Réquisitoire implacable
Durant son réquisitoire, la procureure a démystifié l'argumentaire du prévenu, affirmant qu'Ettori tâchait de se présenter comme "un simple voleur fiscal" tout en minimisant son rôle. Isabelle Candau a employé un ton sarcastique pour qualifier Ettori de "couteau suisse", adaptant ses rôles pour optimiser ses gains, tout en revendiquant ne pas blanchir d’argent, ce qui contrastait avec ses pratiques.
"Le petit bar n’existe toujours pas pour Mickaël Ettori" a précisé Isabelle Candau, avant de dresser un tableau clair des activités criminelles orchestrées par le groupe, dirigé par un trio de décideurs. "Les négociations avec les cols blancs, c’est Ettori. Les pressions, c’est Porri, mais Santoni a le dernier mot. Ce clan exerce un contrôle implacable sur la Corse du Sud", a-t-elle déclaré.
Un lien entre criminalité et monde légal
Isabelle Candau a qualifié Ettori de "pont" entre le monde criminel et le monde des affaires légales, jouant habilement dans les deux sphères. Le procureur Mathieu Bertola a également soulevé les contradictions de la version d'Ettori, un homme qui se dit normal, mais dont la capacité à constituer un patrimoine après de longues périodes passées dans les arrières-fonds de la justice semble suspecte.
Restaurateur à Paris, en relation avec Anthony Perrino, un "ami d'enfance" qui l'a aidé à sa sortie de prison en 2016, Ettori a vu ses revenus diminuer chaque année, suscitant ainsi des interrogations sur sa fortune. L'expert-estimateur a souligné un paradoxe : "Comment justifie-t-il l’origine de ses montres auprès de ses clients? Sa défense apparaît dénuée de sens", a fait valoir le représentant du ministère public.
Déclarations d'Ettori face aux preuves accablantes
Mickaël Ettori, habillé avec soin et faisant preuve de détermination, a tenté de se défendre face à la juge, confronté à des écoutes téléphoniques et à des preuves établissant des connexions entre lui et d'autres membres présumés de la bande.
Sur la sellette, il a répété inlassablement qu'il ne se souvenait pas des événements incriminants, tandis que la présidente du tribunal demeurait impassible. "Je ne vis pas comme un voyou!" s'était-il défendu, déclinant pour sa part toutes les accusations relatives à des patients douteux liés à son train de vie.
Le jugement dans cette affaire sera bientôt rendu par la 7e chambre correctionnelle. Par ailleurs, Mickaël Ettori devra se présenter à nouveau devant la justice pour d'autres chefs d'accusation, notamment celui du meurtre du bâtonnier Antoine Sollacaro.







