Jeudi, Jacques Moretti, gérant du célèbre bar Le Constellation à Crans-Montana, a quitté la prison après 14 jours d'incarcération. Sa libération, prononcée par le Tribunal des mesures de contrainte (TMC) du canton de Valais, a immédiatement suscité la colère et l'incompréhension des familles de victimes, qui demandent justice après le tragique incendie ayant coûté la vie à quarante personnes.
Retenu à l'issue d'une audition le 9 janvier, Moretti avait été placé en détention provisoire en raison d'un risque de fuite jugé sérieux par les autorités. Le tribunal a toutefois jugé qu'il n'y avait ni risque de fuite ni de collusion, affirmant dans un communiqué que "le principe cardinal en procédure pénale suisse est que le prévenu reste en liberté jusqu'à son jugement". Le ministère public avait initialement sollicité une détention de trois mois.
Jacques Moretti était sous enquête pour "homicide, lésions corporelles et incendie avec négligence". Sa femme, Jessica, également copropriétaire du bar, n'a pas été incarcérée car les critères légaux pour une telle décision n'étaient pas réunis.
Des mesures de contrôle judiciaire en place
Bien que le TMC ait validé la détention, la possibilité de libération avec des conditions a été ouverte. Son avocat, Patrick Michaud, a expliqué que plusieurs mesures, incluant le versement d'une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros), étaient requises. D'autres conditions incluaient la remise de ses papiers d'identité et la nécessité de rapporter régulièrement à la police.
Après une série de contrôles, Jacques Moretti a été libéré le 23 janvier, sous conditions strictes. Bien qu'il ait été initialement prévu qu'il porte un bracelet électronique, cette mesure a finalement été jugée non nécessaire.
Réactions émotionnelles des familles de victimes
La décision de libérer Moretti a provoqué une vive colère parmi les proches des victimes. "Cette décision met en danger l'intégrité de l'enquête, nos clients craignent pour la disparition de preuves," souligne Romain Jordan, avocat représentant plusieurs familles. Jean-Luc Addor, qui défend les proches d'une des victimes, a qualifié la libération de "scandaleuse et honteuse".
Les inquiétudes ne se limitent pas à la France. L'indignation a également traversé les frontières, notamment en Italie, d'où proviennent de nombreuses victimes. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a demandé des explications au consul général en Suisse, exprimant ainsi sa {{"vraie indignation"}}.
Les réactions continuent d’affluer, alors que la communauté et les familles de victimes espèrent toujours une justice rapide et équitable. "Nous demandons la transparence et la justice, mais cette libération pose question sur l'intégrité de la procédure déployée," conclut Laetitia Brodard-Sitre, dont le fils a perdu la vie dans l'incendie.







