"Loyauté indéfectible !" Voilà ce qui caractérise le général en chef Vladimir Padrino Lopez, pièce maîtresse des dirigeants chavistes, désormais incontournable pour la présidence par intérim de Delcy Rodriguez, qui évolue dans un contexte particulièrement fragile.
Avec plus de dix ans à la tête du ministère de la Défense, Padrino a manifesté un soutien immédiat envers Rodriguez, suite à l'attaque américaine du 3 janvier et la déchéance du président Nicolás Maduro, ayant sérieusement affaibli l'armée Nationale Bolivarienne (FANB). Selon les observateurs, la présidente a un besoin urgent de son soutien, n'ayant pas elle-même établi des liens solides avec l'armée.
"Il connaît parfaitement la structure militaire, il est le garant de l'unité de la Force armée", explique Hebert Garcia, ancien ministre de Maduro, avant de se dissocier du gouvernement. Garcia souligne que "Delcy n’a jamais eu les relations qu’avait Maduro avec la FANB, celles-ci reposaient largement sur Padrino".
Rodriguez a maintenu Padrino, âgé de 62 ans, à son poste, tout en nommant le général Domingo Hernandez Larez au Commandement stratégique opérationnel, responsable des troupes. En revanche, elle a remanié des postes clés, remplaçant le chef de sa garde et modifiant 12 des 28 commandements régionaux.
Tout n'est pas rose pour Rodriguez : elle est jugée vulnérable par des sources diplomatiques, qui évoquent un "danger" imminent, car elle ne détient pas le contrôle des forces de sécurité, malgré l'appui des États-Unis.
La présidente par intérim a réalisé un retournement spectaculaire des relations entre Caracas et Washington, en désaccord depuis 27 ans. En l'espace de trois semaines, elle a signé des accords pétroliers, engagé la libération de prisonniers politiques et tenté de rétablir des relations diplomatiques.
Cette approche rapprochement avec les États-Unis défie l'idéologie anti-impérialiste du chavisme et met à l'épreuve le haut commandement militaire, déjà en proie à l'amertume après l'opération américaine de janvier dernier.
Nicolas Maduro avait assuré le contrôle des militaires sur des entreprises privées et des douanes, ce qui a engendré de nombreuses accusations d'abus et de corruption.
Padrino, père de deux enfants, passionné de musique traditionnelle vénézuélienne et de lecture, évoque une admiration pour son père, étroitement lié à la révolution soviétique. Dans une interview en 2021, il révélait comment la "providence" l'avait amené à devenir soldat, ayant réussi l'examen d'entrée à l'Académie militaire.
Sa carrière a explosé en 2002 lorsqu'il a décidé de ne pas se rallier aux forces putschistes qui avaient tenté d'évincer Chavez. Ce dernier l'a remercié pour sa loyauté en l'élevant au rang de ministre, et Padrino s’est alors engagé à promouvoir une armée bolivarienne, socialiste et anti-impérialiste.
Pour l'avenir, l'ex-général Garcia fait remarquer que la mission principale de Padrino est désormais de stabiliser l’armée, de la sortir de la politique et de la réintégrer dans le cadre institutionnel du pays.







