Samedi, environ 3 200 manifestants, selon la préfecture, ont convergé à Lyon pour honorer la mémoire de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite tragiquement décédé, battu à mort par des membres de l’ultragauche. D'autres sources, notamment les organisateurs, estiment le nombre à 3 500.
Cette marche, marquée par une forte sécurité, a présenté un paysage sans drapeaux d'organisation, mais avec des symboles cachés indiquant l'affiliation à l’ultradroite. Les discours prononcés étaient clairement politiques, dénonçant le « gauchisme » et la « violence antifasciste ». Malgré l’interdiction de masquer son visage, certains participants arboraient des masques ou des tenues dissimulantes.
Un dispositif de sécurité renforcé
Un groupe de sept jeunes hommes, soupçonnés d’avoir participé aux violences ayant mené à la mort de Deranque, a été mis en examen pour homicide volontaire. Parmi eux, des assistants d'un député de La France Insoumise, Raphaël Arnault, ce qui a accentué le niveau de tension autour de l'événement.
Pour anticiper tout débordement, le ministère de l’Intérieur a instauré un vaste dispositif sécuritaire, comprenant des renforts de CRS et de gendarmes mobiles, ainsi que la surveillance par drones. Le cortège s’est arrêté à l'endroit même où le jeune militant a perdu la vie, symbolisant le lieu de mémoire et de contestation.
Dans le même temps, une petite marche à Rennes a également eu lieu, réunissant environ 200 personnes, mais a été perturbée par des contre-manifestants, qui ont brandi une banderole affirmant : « On ne pleure pas les nazis ». Lorsque certains ont tenté de franchir le périmètre établi, les forces de l’ordre ont dû intervenir avec des gaz lacrymogènes pour disperser les groupuscules.
Ce rassemblement à Lyon s'inscrit dans un contexte social tendu, où les opinions divergent radicalement sur la mémoire de Quentin Deranque, mettant en lumière les fractures au sein de la société française. Comme le souligne le sociologue Michel Gauthier, « ces événements font écho à un malaise sociétal profond, où chaque camp s'efforce d'imposer sa narrative sur des faits tragiques ». Ainsi, l'hommage à Deranque, loin de rassembler, témoigne d'une polarisation exacerbée, rappelant que l'histoire moderne est souvent façonnée par des récits conflictuels.







