Le tribunal correctionnel de Marseille a prononcé, ce vendredi, des sanctions sévères à l'encontre d'Yves Juhel, le maire de Menton, et de son ancien adjoint, Mathieu Messina. Juhel a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, tandis que Messina a été condamné à trois ans de prison ferme, accompagné d'un mandat de dépôt, en raison d’un risque de fuite significatif.
Mathieu Messina a été reconnu coupable d'avoir détourné plus de 800.000 euros, s'attirant ainsi une lourde amende de 400.000 euros en raison de son enrichissement personnel, assortie d'une peine d'inéligibilité de dix ans. Le tribunal a mis en avant la gravité des actions de Messina, notant qu'il avait "porté atteinte à la fonction politique". De son côté, Juhel a été relaxé du détournement de fonds publics, mais a été trouvé complice dans d'autres infractions. Le ministère public a souligné ses liens avec un homme à "la personnalité trouble", facilitant ainsi le détournement.
Les observations du tribunal mettent en lumière l'implication de Juhel, qui a placé Messina à la tête de la SPL, malgré un passé judiciaire compromettant, créant ainsi un environnement propice à des malversations. Les sanctions infligées à Juhel incluent également l'obligation de réparer le préjudice causé par ses actions.
Les peines infligées correspondent aux réquisitions demandées par le parquet, démontrant la gravité de cette affaire qui secoue la petite municipalité frontalière des Alpes-Maritimes depuis trois ans. L'affaire a été déclenchée par plusieurs dénonciations, dont celle d'Éric Le Floch, directeur des services de la ville de Menton, et a conduit à une enquête approfondie par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Au total, onze personnes ont été trainées devant la justice, dont plusieurs proches de Messina, avec quatre d'entre elles déjà condamnées dans le cadre de procédures de plaider-coupable.
Cette affaire de détournement de fonds expose au grand jour des dynamiques de pouvoir complexes au sein des institutions locales, invitant à une réflexion essentielle sur la transparence et l’éthique en politique.







