Père de trois enfants et en proie à des soucis financiers, un surveillant du centre pénitentiaire des Baumettes a été condamné vendredi à un an de prison ferme pour corruption et violation du secret professionnel, avec une peine de trois ans au total, dont deux avec sursis. La sanction impose également au fonctionnaire de purger sa peine sous bracelet électronique.
Âgé de 30 ans et en poste depuis 2016, le surveillant a admis avoir introduit pour le compte de détenus des sacs d’alcool et divers produits alimentaires et d’hygiène. Son intervention pour faire passer ces marchandises s’est révélée lucrative, avec un tarif de 150 euros par sac, pour un volume de deux à trois sacs par semaine, entre décembre 2021 et août 2022, lors de son arrestation en flagrant délit.
Des sacs dissimulés dans des poubelles
Les colis étaient laissés devant son domicile avant d’être cachés dans une poubelle située dans le quartier « Hommes 2 » des Baumettes. Bien qu'il ait été rémunéré pour ses actes, le surveillant a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais eu l’intention de faire entrer de la drogue ou des téléphones. Cependant, le procureur a exprimé des doutes, déclarant : "Nous ne saurons jamais s’il a fait entrer autre chose".
Il a également reconnu avoir frauduleusement rédigé des fiches pénales de détenus. Pour chaque document, il percevait 200 euros. Ces fiches, qui détaillent la trajectoire d’un prisonnier y compris sa date de libération, ont été mises au jour dans un véhicule perquisitionné au cours d’une enquête sur un double homicide lié à des rivalités entre gangs et à l’assassinat brutal d’un homme.
Des menaces en toile de fond
Parmi les éléments découverts figuraient aussi la photo d’un narcotrafiquant connu et son emploi du temps. En réponse aux accusations, le surveillant a affirmé : "Je n’ai pas réfléchi aux enjeux associés à ces fiches". Le procureur, quant à lui, a qualifié le fait de remettre de tels documents comme "extrêmement grave dans le contexte de la criminalité marseillaise".
Le surveillant, confronté à des difficultés financières, a expliqué au tribunal qu’il s’était senti menacé. "Je n’avais pas le choix. Ils se présentent devant l’école de mes enfants et me mettent sous pression", a-t-il déclaré, tentant de justifier ses actes. Le tribunal a réagi en se demandant comment il pouvait agir sous menace tout en étant rémunéré pour ses services.







