Ce samedi à l'aube, l'armée israélienne a intensifié ses attaques sur la banlieue sud de Beyrouth, ciblant les infrastructures du Hezbollah. Cette offensive fait suite à la destruction d'un pont sur le fleuve Litani, un accès stratégique dans l'est du Liban.
Aussi, trois Casques bleus ont été blessés lors d'une explosion survenue dans une installation de l'ONU près d'El Adeisse, selon la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Parmi eux, deux soldats indonésiens souffrent de blessures graves.
Cette escalade s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes. Le conflit a débuté le 2 mars dernier, lorsque le Hezbollah a riposté à une attaque américano-israélienne qui avait pris pour cible le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tuant plusieurs de ses partisans.
Israël a mené des frappes intensives, et un bilan tragique a été dressé, faisant état de 1 368 victimes, dont 125 enfants, et plus d'un million de déplacés. Ce désastre humanitaire est exacerbé par les opérations militaires israéliennes qui se sont accompagnées d'une invasion terrestre dans le sud du pays.
À l'aube de ce samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir commencé à frapper des installations du Hezbollah à Beyrouth. Les explosions ont été reportées par une journaliste de l'AFP, témoignant de puissantes détonations dans la banlieue.
- Ponts stratégiques en ligne de mire -
Les forces israéliennes ciblent également des ponts clés pour isoler le sud du Liban. Des avions de chasse ont récemment détruit un pont reliant Sohmor à Machghara, comme l'a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani). La stratégie d'Israël vise à entraver le mouvement d'équipements militaires et de renforts du Hezbollah.
Au total, plus de cinq ponts sur le Litani ont été détruits dans le cadre de ces opérations. La région, située à 30 km de la frontière israélienne, est déclarée zone de sécurité par Israël.
À Sohmor, un bombardement a tué deux personnes et blessé 15 autres alors qu'elles quittaient une mosquée après la prière. En ce qui concerne les Casques bleus blessés, l'origine de l'explosion reste floue, bien que l'armée israélienne ait accuser le Hezbollah d'être à l'origine du tir.
Pour les Casques bleus récemment tués, l'un a été touché par un tir de char israélien, tandis que les deux autres pourraient avoir péri à cause d'une mine, selon des sources de l'ONU.
- Résistance d'une population fatiguée -
Les Libanais continuent de vivre avec cette réalité tragique. Une habitante chrétienne de 62 ans, Hala Farah, a exprimé sa résilience : « Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre. Nous sommes toujours là. »
Patricia Haddad, 32 ans, a aussi partagé sa lassitude face à la guerre : « Ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah. »
L'ONU et les autorités libanaises craignent l'éventualité d'une nouvelle occupation israélienne dans le sud, alors que des frappes continuent de frapper la région de Tyr. Des rapports indiquent que les troupes israéliennes ont détruit des habitations dans plusieurs villages, ravagées lors du conflit passé en 2024.
Confronté à cette situation tendue, le Hezbollah a intensifié ses attaques, tandis que les États-Unis préviennent d'un possible ciblage d'universités par l'Iran et ses alliés au Liban.







