Deux hommes seront jugés mardi 7 avril pour avoir incendié des établissements proches du maire de Bastia, Gilles Simeoni.
Ce procès pourrait faire des vagues. Kevin Ornec, 39 ans, et Mourad Amar, 30 ans, vont comparaître à Ajaccio pour leur implication présumée dans l'incendie de deux bars-restaurants à Corte en décembre 2022. Ces établissements étaient liés au fils de Gilles Simeoni, figure incontournable de la Corse et actuel maire de Bastia (source).
Les événements se sont déroulés dans la nuit du 4 au 5 décembre, où le Bama et le 24 ont été la cible des flammes. Un véhicule volé, vu sur les images de vidéosurveillance, a été identifié comme appartenant à un garage où huit véhicules ont également été détruits par le feu.
Le garage appartient à Jean-André Miniconi, ancien président de la Chambre de commerce de Corse-du-Sud, qui avait dénoncé des tensions politiques dans la région par le passé. Il a aussi été sous le feu des projecteurs pour des incidents précédents impliquant son établissement.
Les deux accusés font face à diverses charges, dont "destructions en bande organisée" et "transport de produits incendiaires". Cependant, ils nient toute implication, soutenus par leurs avocats respectifs qui ont souligné leur innocence.
Des éléments troublants révèlent des liens complexes
Les accusations s'accumulent, notamment grâce aux séquences de vidéosurveillance qui ont montré l'un des présumés incendiaires souffrant d'une blessure par brulure. Ornec a tenté d'expliquer cela en évoquant une excuse de grenadine et de "bananes flambées", une déclaration qui a suscité des rires et interrogations parmi les enquêteurs.
Kevin Ornec est également lié à une bande criminelle identifiée par le rapport du Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) comme ayant des liens avec d'autres activités illégales.
Jean-André Miniconi, qui attend ce procès avec impatience, a déclaré : « Ce qui m'intéresse, ce n'est pas seulement de savoir qui a mis le feu, mais pourquoi et à qui cela profite ». Il évoque une possible motivation politique, bien qu'aucune preuve concrète n'ait encore été révélée.
Gilles Simeoni, de son côté, a fait allusion à des menaces direcete à son encontre lors de ses vœux, renforçant l'idée que cette affaire pourrait avoir des implications politiques plus larges.







