Pragmatisme oblige… Suite à la victoire indiscutable de Péter Magyar, le nouveau Premier ministre hongrois, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a commenté avec une certaine désinvolture : "Nous n’avons jamais été amis avec Orbán". Cette déclaration survient dans un contexte de changements notables en Hongrie, où Magyar semble déterminé à renouer le dialogue avec Moscou autour des problématiques énergétiques.
En effet, la Hongrie dépend fortement de la Russie pour ses approvisionnements en énergie, le pays recevant actuellement plus de 80 % de son gaz et de son pétrole de son voisin oriental. Magyar a toutefois insisté sur la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement pour assurer une meilleure sécurité énergétique, tout en étant conscient des réalités géographiques qui rendent cette transition complexe.
Dépendance énergétique
Quelques heures après sa désignation, Magyar a tempéré les spéculations autour d'une rupture totale avec la Russie. S’exprimant sur la dépendance énergétique de son pays, il a précisé sa volonté d’adopter un "dialogue pragmatique" avec Moscou, tout en préparant le terrain pour une révision des relations bilatérales. Ce changement de cap a été confirmé par Le Monde, affirmant que Magyar entend explorer des partenariats diversifiés et pouvant offrir une alternative à la Russie.
Mettre fin aux massacres en Ukraine
Autre point décisif : Magyar adopte une posture claire et critique vis-à-vis de l’invasion russe en Ukraine. Contrairement à Viktor Orbán, qui aurait entretenu des relations plus sympathiques avec Moscou, Magyar a qualifié la Russie d'agresseur, affirmant la nécessité de mettre fin aux violences qui durent depuis plusieurs années. Ses propos traduisent un désir de réorienter la politique hongroise sur la scène internationale.
"Russes, rentrez chez vous !"
Cette nouvelle direction marque aussi une rupture avec l'ère Orbán, durant laquelle la Hongrie avait été perçue comme freinant les sanctions européennes contre la Russie. La victoire de Magyar a été célébrée par les manifestants dans les rues de Budapest, scandant "Ruszkik, haza" (Russes, rentrez chez vous), écho d'une révolte historique. Alors que le nouveau Premier ministre aspire à redéfinir les relations de la Hongrie avec l'Occident, il devra jongler avec l'héritage d'une forte dépendance envers la Russie, tout en cherchant à établir des liens plus équilibrés et stratégiques.







