Pour la cinquième fois, le Parlement a voté contre les zones à faibles émissions (ZFE), un dispositif instauré en 2021 pour interdire les véhicules les plus polluants dans les grandes villes. Ce rejet intervient alors que l'exécutif tente une ultime réintroduction dans le cadre d'un projet de loi de simplification de la vie économique.
Avec 192 voix contre et 149 pour, l’Assemblée nationale semble définitivement enterrée les ZFE, qui avaient déjà suscité de vives critiques depuis leur création il y a deux ans. Les députés du Rassemblement national, des Républicains, des Insoumis et des Écologistes ont unanimement bloqué la tentative du gouvernement. Cette coalition a renforcé ses positions, affirmant que les préoccupations d'accessibilité financière pesaient plus lourd que celles liées à la santé publique.
À l'origine de cette initiative, le député RN Pierre Meurin a caricaturé l'idée de ZFE en la qualifiant de "ségrégationniste", arguant que tous les Français ne peuvent pas se permettre de changer de véhicule. Ce discours sur le pouvoir d'achat a écarté les arguments sanitaires tout au long des dernières discussions, comme l’a rapporté Midi Libre.
Démarches infructueuses
Malgré ce nouvel échec, le gouvernement, par la voix du ministre de la Transition, Mathieu Lefèvre, a plaidé pour un amendement "de compromis" permettant de rendre ces ZFE optionnelles pour les collectivités locales, afin de s’adapter à leurs réalités. "Il est crucial de maintenir une base légale pour les collectivités, car la pollution de l'air coûte cher à notre pays", a-t-il insisté.
Mais, ce plaidoyer a été en vain. Pierre Meurin a exprimé des préoccupations concernant le manque de liaison avec les plus modestes, suggérant qu’il est inacceptable de leur demander de changer leur voiture alors que les prix des carburants atteignent des sommets. Les députés Insoumis, comme Sylvain Carrière, ont également critiqué le gouvernement pour sa tendance à transférer la responsabilité aux élus locaux sans leur fournir les ressources nécessaires. "C’est déplorable pour des millions de Français qui peinent à se déplacer", a-t-il ajouté.
Une victoire à nuancer
Les motivations derrière ces votes sont variées, mais le résultat est indéniablement le même : les ZFE sont de nouveau rejetées. "C'est une victoire remportée après trois ans de lutte politique, et une gifle pour le gouvernement", a déclaré le maire de Saint-Brès, Laurent Jaoul, un fervent opposant à la mesure.
Cependant, un dernier obstacle demeure : la question de savoir si l'abrogation des ZFE sera considérée par le conseil constitutionnel comme une anomalie législative pourrait encore ajouter une touche de suspense à cette saga politique.







