Le débat s'intensifie sur l'éventuelle installation de caméras de vidéosurveillance dans les écoles parisiennes pour lutter contre les violences envers les enfants. Cette proposition, portée par des élus de droite, fait suite à des révélations inquiétantes concernant des agressions dans le cadre périscolaire. Depuis le début de l'année, 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour des soupçons de violences à caractère sexuel, soulignant l'urgence de la situation.
Des caméras déjà présentes dans divers lieux publics de Paris pourraient-elles faire leur apparition dans les 626 écoles de la capitale ? C'est la question que se posent de nombreux Parisiens. Une riveraine déclare : "Je trouve ça très bien, ça limitera beaucoup les abus qu'il peut y avoir et si ça peut mettre en sécurité les enfants, pourquoi pas !" En revanche, un autre citoyen s'oppose à cette idée, affirmant : "Sur un plan pratique, ça ne me paraît pas une bonne idée. Je pense que s'il y a des agresseurs, ils évitent les caméras."
Le collectif SOS Périscolaire, représentant les parents d'élèves, est sceptique quant à l'utilité de la vidéosurveillance. Élisabeth Guthmann, sa cofondatrice, rappelle que "dans le périscolaire parisien, aujourd'hui, tout fait défaut : il manque de personnel, de formation et de structures. Les chaînes de signalement ne sont pas efficaces. La vidéo ne résoudra pas ces problèmes fondamentaux." Cette perspective fait écho aux inquiétudes exprimées dans d'autres régions de France, où les violences scolaires sont également préoccupantes.
Que dit la loi ?
Le projet discuté lors d'un conseil municipal extraordinaire prévoit potentiellement l'installation de 1 500 caméras dans les écoles, mais sa légalité est remise en question. Bastien Le Querrec, juriste à la Quadrature du Net, précise que "il n'est pas légal de surveiller chaque recoin d'un établissement scolaire. La loi n'autorise la vidéosurveillance que dans les entrées, les sorties et les zones de circulation, si cela est justifié."
Finalement, la proposition de vidéosurveillance n’a pas été adoptée. Les élus ont plutôt voté un plan d'action ambitieux de 20 millions d'euros pour tenter de contrer les violences dans le périscolaire parisien, un choix qui semble répondre aux vives attentes des parents et enseignants sur la qualité et la sécurité des services offerts.







